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Le GIEC admet la pause de 17 ans dans le réchauffement global... avec des réserves

Publié par Dav sur 14 Mars 2013, 21:48pm

Catégories : #Climat

 

Le 22 février dernier, le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), Rajendra Kumar Pachauri, a reconnu lors d’une interview au journal The Australian que le réchauffement global avait enregistré une « pause » de 17 ans. Il n’en fallait pas moins pour que la sphère des climato-sceptiques entre de nouveau en ébullition, voyant dans cette déclaration la reconnaissance officielle de leur victoire. Le président de l’institution climatique onusienne a pourtant insisté sur le caractère temporaire de l’arrêt du réchauffement :

« Ce qui est tout à fait perceptible c’est que, au cours des cinquante dernières années, la tendance est à la hausse. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de haut et de bas – il y en aura –, mais ce dont il faut se soucier, c’est de la tendance, et elle est maintenant influencée dans une large mesure par l’activité humaine. »

 

Dernier pic en 1997

 

Si l’information révélée en ces termes a fait réagir certains blogueurs, elle n’a pourtant rien de bien neuf. En octobre de l’année dernière, l’institut météorologique national au Royaume-Uni avait publié un rapport faisant état d’une stabilisation des températures depuis 1997.

Un constat qui n’étonne en rien Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue au CEA et membre du Giec, qui « ne comprend vraiment pas pourquoi on parle de ça ». Pour la scientifique, cette information est bien connue du milieu :

« Le dernier record de chaleur est en effet survenu en 1997 lors du dernier “ El Niño ” [une anomalie thermique dans le Pacifique Sud caractérisée par une température élevée des eaux de surface, ndlr]. On a depuis ce qu’on appelle un plateau : sur toute cette période, on n’a pas eu de nouveau El Niño, mais plusieurs “ La Niña ”, un phénomène inverse qui a eu tendance à rafraîchir l’atmosphère. »

 

Une augmentation par plateaux

 

Ceux qui ont vu le reportage d’Al Gore, « Une vérité qui dérange », se rappelleront certainement de cette scène où l’ancien vice-président américain devait grimper sur un élévateur pour suivre les courbes de CO² et de température sur son écran ; tout ceci relevait en grande partie de la mise en scène.

En réalité, les températures évoluent par paliers (plateaux), ce qui explique une certaine stabilité pendant des périodes variables avant une élévation brutale. Nous serions donc aujourd’hui dans un plateau qui a duré 17 ans. Long ? Peut-être, mais selon Rajendra Kumar Pachauri, pas suffisamment pour remettre en question l’existence d’un réchauffement aux origines anthropiques ou les modèles de calculs prévisionnels.

Pour l’ancien ingénieur en chemins de fer, il faudrait un plateau de 30 à 40 ans « au moins » avant de pouvoir dire que le réchauffement climatique s’est arrêté. L’institut météorologique britannique de son côté a revu ses prévisions, en estimant qu’aucune augmentation de température n’était à redouter avant 2017.

 

Des mécanismes rafraîchissants naturels

 

Le réchauffement climatique ne serait donc pas remis en question. La stabilisation des températures globales serait due au concours de plusieurs phénomènes naturels, comme l’explique Valérie Masson-Delmotte :

« Quatre facteurs sont déterminants dans le réchauffement :

  • l’activité des petits volcans (qui a été plus intense ces dernières années) ;
  • l’activité solaire ;
  • les températures océaniques ;
  • les émissions de gaz à effet de serre.

La chaleur des océans, elle, continue à augmenter et on assiste à tous les symptômes d’un réchauffement global – la fonte de la banquise par exemple. Et si on considère l’évolution globale de température décennie par décennie, chacune est plus chaude que la précédente. »

Selon une étude réalisée par une équipe de l’Université du Colorado, le dioxyde de soufre relâché en haute atmosphère par les éruptions volcaniques depuis 2000 aurait en effet endigué de 25% le réchauffement provoqué par les gaz à effet de serre.

 

Autre tampon naturel évoqué par Cuthbert Douglas dans le Canberra Times : l’océan, dont la chaleur des 700 mètres supérieurs est passée de 3x10^22 joules en 1997 à 10x10^22 joules en 2010. L’auteur de l’article, laconique, résume en quelques mots la prochaine étape qui marquera la fin de ce plateau, qu’il fut long ou non :

« Comme dans le passé, le système global va très bientôt rééquilibrer cet excès et la moyenne des températures atmosphériques s’élèvera à nouveau. Toute cette énergie supplémentaire doit bien aller quelque part. »

 

Source :  , The Australian, Rue 89

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