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Le Gulf Stream ne devrait pas s'affaiblir ces prochaines années

Publié par Dav sur 18 Octobre 2012, 21:44pm

Catégories : #Sciences

 

4784 lectures12 février 2012 ; révision : 16 octobre 2012, 10 h 09

circulation_thermoLa circulation thermohaline
© UNEP

L'un des facteurs du climat européen ne connaîtra pas de changement significatif, au moins dans un futur proche. La circulation Atlantique, qui comprend le fameux Gulf Stream[1] ne diminuera pas au cours des quatre prochaines années. La première prédiction mondiale concernant le développement de la circulation thermohaline Atlantique a été réalisée par des chercheurs de l'Institut de Météorologie Max Planck à Hambourg et de l'Université d'Hambourg, en utilisant un modèle vérifié de la circulation Atlantique.

 

Dans l'Océan Atlantique, de l'eau tiède s'écoule en direction des régions polaires, où elle se refroidit au contact de l'air glacial arctique aux larges des côtes du Groenland et de la Norvège, il s'agit de la Circulation Méridionale Atlantique (AMOC). En congelant, l'eau perd son sel qui rend donc l'eau encore liquide plus lourde. Celle-ci va alors s'enfoncer dans les profondeurs océaniques et entamer un long voyage vers l'Equateur, pour refaire surface dans le Pacifique, au bout 1 200 ans !

Pour la première fois, les climatologues de l'Université d'Hambourg peuvent prédire la force de cette circulation thermohaline pour une période de sept ans. Cela n'a été possible qu'avec des données réelles recueillies ces dernières années via des stations situées à 26,5 degrés de latitude Nord[2].

 

L'influence de la circulation océanique sur le climat est considérable. La quantité de chaleur transportée par l'AMOC, par exemple, aurait un effet direct sur le climat des côtes européennes bordées par l'océan Atlantique. Toutefois, ce postulat est très controversé et la douceur de notre climat serait principalement le fait de l'inertie thermique de l'océan. En effet, les courants atmosphériques d'ouest en est (de l'océan vers les côtes européennes) récupèrent une partie de la chaleur stockée pendant l'été dans la couche superficielle de l'océan.

 

A ce propos, plusieurs hypothèses sont avancées par les climatologues pour expliquer la rigueur de l'hiver 2009-2010 : faible transport de chaleur provenant de la circulation atlantique (en admettant qu'elle ait un rôle significatif), anomalie dans l'oscillation nord-atlantique, modification du régime des vents dans l'hémisphère nord, réchauffement climatique de l'arctique ....

Dans tous les cas, l'influence de la température de surface de l'Océan ne se limite pas à la façade océanique de l'Europe mais détermine également la fréquence des ouragans dans le Golfe du Mexique et les sécheresses dans la région du Sahel en Afrique de l'Ouest.

AMOC© J. A. Chruch, Science 317, 908 (2007)

Jochem Marotzke, Directeur à l'Institut de Météorologie Max Planck et chef de l'étude a déclaré : « étant donné le lien avec le climat, il est très important que nous soyons maintenant capables de prédire quand l'AMOC sera plus faible ou plus fort sur une période donnée ». Ces scientifiques se disent capables de prédire les fluctuations de la circulation Atlantique pour les quatre prochaines années.

 

La circulation Atlantique ne devrait pas faiblir

 

Selon leurs découvertes, la circulation Atlantique ne devrait pas subir d'autres changements que les variations saisonnières habituelles. « Nous pouvons également dire à coup sûr que la faiblesse de la circulation Atlantique en mars 2010 était seulement un phénomène passager », a déclaré Daniel Matel, qui a joué un rôle important dans la recherche.

 

Certains s'inquiètent du ralentissement possible du courant nord-Atlantique et notamment du Gulf Stream[3]. En effet, selon le postulat qu'il contribue principalement à la douceur du climat sur l'Europe de l'Ouest, son arrêt pourrait faire baisser de 4°C les températures moyennes en Europe, ce qui plongerait notre continent dans des hivers très rigoureux avec des zones de froid localisées... Mais ce n'est pas du tout l'avis de plusieurs climatologues dont Richard Seager, Senior Research Scientist au Lamont Doherty Earth Observatory de l'université Columbia, Palisades, New York. Celui-ci considère que l'influence sur le climat européen de la dérive Nord-Atlantique et de son prolongement, le Gulf Stream, ne représenterait que 10 % de celui généré par les mouvements atmosphériques ou de celui lié à la libération saisonnière du stock de chaleur des océans !

 

Les données concernant les mesures mettent les prédictions à l'essai

 

L'équipe de Jochem Marotzke affirme que la validité des prédictions est principalement due au fait que les données réelles sur la force de circulation Atlantique sont maintenant disponibles. Il est extrêmement coûteux d'acquérir de telles données, qui ne sont actuellement pas disponibles pour les autres océans hormis l'Atlantique, et il n'y a des enregistrements qu'à 26,5° de latitude Nord. Durant son séjour au Centre National Océanographique de Southampton en Angleterre, Jochem Marotzke a joué un rôlé clé pour développer cette idée et ses anciens collègues surveillent maintenant la circulation Atlantique à 26,5° de latitude Nord continuellement.

 

"Les données mesurées nous permettent de tester notre simulation" explique Daniela Matel. "En commençant par différents points par le passé, nous avons tout d'abord généré des prévisions pour les années pour lesquelles les données étaient disponibles". Ainsi, comme les prévisions météorologiques correspondaient aux mesures réelles, les chercheurs savaient que leur modèle fournissait des pronostics utiles de la circulation Atlantique à 26,5° de latitude Nord, pour le passé comme pour le futur. Cependant, la comparaison des modèles de calcul et des données réelles a montré que la simulation ne pouvait donner des prévisions fiables au-delà de 4 années à venir.

 

Un pas vers des prévisions climatiques fiables pour quelques années

 

Les scientifiques basés à Hambourg espèrent améliorer leur simulation à l'avenir en faisant des prévisions fiables pour des périodes de plus de quatre ans. « Je pense que nous pouvons le faire », a déclaré Jochem Marotzke avec un sourire. Il fait référence, par comparaison, aux prévisions météorologiques, qui donnent maintenant des prévisions fiables pour des périodes de trente jours, alors qu'il y a vingt ans, on ne pouvait le faire que pour un jour à la fois. « Pour y parvenir, nous avons besoin de mieux définir les conditions initiales de nos calculs. »

 

La qualité des prévisions de la circulation Atlantique et leur évolution dans le temps aura plus d'impact que de simples prévisions climatiques. Jochem Marotzke envisage un nouvel horizon : « Nous pouvons prévoir le temps correctement pour quelques jours et nous pouvons calculer le changement climatique à long-terme, mais notre habilité à prédire efficacement les effets du climat à cause de l'activité humaine pour les années à venir est très limitée. » Les impacts naturels et humains sont approximativement égaux et par conséquent difficiles à distinguer pour cette période, explique-t-il, mais la distinction est importante afin d'identifier le rôle des hommes. « Le fait que nous puissions prédire maintenant la circulation Atlantique pour plusieurs années signifie une avancée majeure pour les prévisions climatiques dans seulement quelques années », conclut le chercheur.

Age glaciaire et Gulf Stream

 

A en croire de nouvelles mesures sur les sédiments et les résultats de nouvelles simulations climatiques sur l'AMOC, celle-ci était aussi forte qu'actuellement durant le dernier âge glaciaire...
C'est ce que montre une équipe de scientifiques de l'Université de Heidelberg (Allemagne) qui ont publié leurs analyses dans la revue Nature Geoscience.

 

Leurs mesures datent de 20 000 ans BP[4], lorsque la dernière glaciation était à son paroxysme. et pourtant, l'AMOC continuait de s'écouler vers les côtes européennes. Ainsi, un âge glaciaire peut tout à fait survenir alors que le "Gulf Stream" est encore actif, une nouvelle preuve de sa faible implication dans la douceur de la façade atlantique ouest de l'Europe.

Notes

 

  1. Le Gulf Stream est un courant océanique qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas et se dilue dans l'océan Atlantique vers la longitude du Groenland après avoir longé les côtes européennes. Son nom est abusivement utilisé pour désigner la dérive nord atlantique, voire l'ensemble de la circulation de surface de l'océan Atlantique Nord.
  2. Un peu au-dessus du tropique du Cancer.
  3. On peut suivre au jour le jour la vélocité du Gulf Stream grâce au travail de l'Institute for Earth-Oriented Space research (DEOS)
  4. BP = Before Present (1950)
  5.  

Sources

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info -

 

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