Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 07:24

 



Le séisme qui a dévasté l’île d’Haïti en 2010 pourrait bien être le premier d’une longue série, d’après ce qu’ont indiqué des chercheurs.
Le séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter, qui a dévasté Haïti en Janvier 2010, pourrait avoir été le début d’une période de plusieurs décennies d’activité sismique accrue, d’après ce que suggère une étude publiée dans le journal Nature.
Cette alerte vient d’une analyse des archives historiques concernant l'activité sismique. Hispaniola, une île des Caraïbes désormais partagée entre Haïti à l’ouest et la République Dominicaine à l’est, était l’un des premiers endroits de l’Hémisphère Ouest à être colonisé par les européens au 15ème siècle, c’est pourquoi c’est l’endroit où l’activité sismique a été étudiée depuis le plus longtemps dans la région, d’après William Bakun, un sismologue du US Geological Survey à Menlo Park en Californie.


Cette longue histoire indique qu’une série très forte d’activité sismique à Hispaniola, une série de quatre séismes majeurs en sept ans au 18ème siècle, s’est intercalée entre deux périodes de calme relativement longues.
Si l’histoire est un guide, il y aura de grands séismes dévastateurs le long de la faille dans les prochaines décennies

Dans la mesure où la population de l’époque était très dispersée, les chercheurs ne sont pas certains de la puissance et de la localisation des chocs sismiques enregistrés à l’époque.
C’est pourquoi William Bakun et ses collègues ont développé une technique mathématique pour comparer les rapports et d’autres données collectés au cours du séisme de 2010 et ses répliques sismiques avec les rapports de dommages historiques pour améliorer ces estimations.
Les données historiques comprennent des descriptions des dégâts liés aux séismes sur les cathédrales et les bâtiments du gouvernement –issues des rapports faits par les responsables coloniaux afin de recevoir des financements pour les travaux de réparation- et incluent aussi des lettres et des journaux personnels décrivant l’intensité des mouvements terrestres.
Les données rassemblées pendant le séisme de 2010 et ses répliques ont permis à William Bakun et son équipe de déterminer comment une énergie sismique efficiente est transmise par les roches dans la région, qui en retour, permet aux chercheurs de mieux interpréter les modèles de dégâts et de secousses signalés au cours des séismes du 18ème siècle.
Leur travail est publié dans le Bulletin de février de la Seismological Society of America.
Le premier séisme d’une série longue de 70 ans le long de la Faille d’Enriquillo, en novembre 1701, était d’une magnitude de 6,6 et a frappé les parties ouest de l’île, d’après les estimations de l’équipe.
Le tremblement qui a frappé en Octobre 1751, a frappé les parties est de l’île et avait probablement une magnitude de 7,4 à 7,5. Ce séisme avait été rapidement suivi par un séisme d’une magnitude de 6,6 près de Port-au-Prince, environ un mois plus tard.
Le séisme final de la série a frappé l’ouest de Port-au-Prince en Juin 1770.
Depuis lors et jusqu’à Janvier 2010, d’après William Bakun, la faille sismique comptait presque 240 d’inactivité.
« La plupart des individus vivant là-bas avaient oublié qu’il y avait un danger sismique » a-t-il déclaré.
William Bakun et son équipe suggèrent que les trois séismes majeurs qui ont frappé l’île en 1751 et 1770 couvraient la longueur totale de la Faille d’Enriquillo, la même faille qui a provoqué le séisme de 2010. Et dans la mesure où le séisme de 1701 a eu lieu presque au même endroit que la secousse de 2010, William Bakun et ses collègues suggèrent que le séisme de 2010 pourrait être le premier d’une nouvelle série qui pourrait, au cours des prochaines décennies, réveiller l’activité sismique de la région.
« Je ne dis pas qu’il y aura un séisme ici au cours des cinq prochaines années » a déclaré William Bakun. « Mais si l’histoire est un guide, il y aura de grands séismes dévastateurs le long de la faille dans les prochaines décennies ».

 
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Commentaires

Commentaire n°1 posté par lasorciererouge le 01/02/2012 à 16h17

Le lien existe c'est certain; il y a un article sur le site à ce sujet

Réponse de Dav le 01/02/2012 à 19h15

HAITI: Les dons aux victimes du séisme investis dans un hôtel cinq étoiles

 

Par Julie Lévesque

 

connards31855.jpg Alors que 500 000 Haïtiens vivent toujours dans des camps de déplacés, on construit des hôtels cinq étoiles au cœur des bidonvilles.

Dans le cadre de la « reconstruction » du pays, le Clinton Bush Haiti Fund a récemment investi 2 millions de dollars dans l’hôtel Royal Oasis, un complexe de luxe construit dans une zone métropolitaine frappée par la pauvreté et « pleine de camps de déplacés abritant des centaines de milliers de personnes ». Le Royal Oasis appartient à un groupe d’investissement haïtien (SCIOP SA) et sera géré par la chaîne espagnole Occidental Hotels & Resorts.

AP rapportait en avril que des fonds amassés par les anciens présidents étasuniens afin d’aider les Haïtiens les plus démunis sont maintenant utilisés pour la construction d’un hôtel pour de riches étrangers, dont des touristes, ainsi que de nombreux travailleurs « humanitaires » en Haïti à l’heure actuelle. (Daniel Trenton, AP: New hotels arise amid ruins in Haitian capital, Clinton Bush Haiti Fund, 29 avril 2012.)

Il convient de rappeler que les gouvernements occidentaux ont insisté pour que l’aide financière récoltée pour Haïti soit donnée à des organisations non gouvernementales (ONG) et à des fondations plutôt qu’au gouvernement haïtien, qu’ils considèrent comme corrompu.

Dans la foulée du séisme de janvier 2010, les Étasuniens, les Canadiens et les Européens qui ont fait des dons à ces organisations humanitaires et ONG n’ont pas réalisé que leur contribution à la reconstruction d’Haïti serait affectée à la construction d’hôtels cinq étoiles pour héberger des hommes d’affaires étrangers. Leurs attentes étaient que l’argent servirait à nourrir et loger les Haïtiens.




Hôtel Royal Oasis hotel. Plus de photos ici : http://www.oasishaiti.com/

Infopublicité du Royal Oasis

Le Royal Oasis, ainsi que d’autres projets hôteliers totalisant plus de 100 millions font, selon AP, « naître l’espoir que des milliers d’investisseurs [étrangers] rempliront bientôt leurs chambre climatisées en cherchant à construire des usines et des infrastructures touristiques ». (C’est l’auteure qui souligne.)

« L’édifice de dix étages […] comprendra une galerie d’art, trois restaurants, une banque commerciale et des boutiques haut de gamme. La construction du Royal Oasis a débuté avant le séisme et devrait être terminée avant la fin de l’année. » Le tremblement de terre a donc été une bénédiction pour les promoteurs et entrepreneurs de l’hôtel, amenant 2 millions de dollars récoltés à la base pour « servir directement à l’approvisionnement de besoins matériels [nourriture, eau, abris, matériel de premiers soins] » (voir l’annonce ci-dessous). Parmi les compagnies impliquées dans la construction du Royal Oasis, on trouve une compagnie haïtienne, une canadienne (Montréal) et une étasunienne (Miami).




L’aide internationale : qui en profite?

L’« aide » internationale profite souvent aux pays donateurs ainsi qu’à l’élite locale du monde des affaires du pays récipiendaire. Le Council on Hemispheric Affairs a critiqué Bill Clinton et d’autres anciens présidents étasuniens pour avoir maintenu Haïti dans une condition de « pauvreté endémique par le biais d’une politique intéressée d’exportation de riz […] Dès 2003, environ 80 % de tout le riz consommé en Haïti était importé des États-Unis. » (Leah Chavla, Bill Clinton’s Heavy Hand on Haiti’s Vulnerable Agricultural Economy: The American Rice Scandal, Council on Hemispheric Affairs, 13 avril 2010.)

En janvier dernier, iWatch News rapportait ceci :

Selon les données du gouvernement [étasunien], à l’automne dernier 1537 contrats totalisant 204 604 67 $ ont été accordés à [des compagnies étasuniennes pour la reconstruction en Haïti]. Seuls 23 contrats ont été octroyés à des compagnies haïtiennes, pour un total de 4 841 426 $. (Marjorie Valbrun, Haitian firms few and far between on reconstruction rosters, iWatch News, 11 janvier 2012.)

La Société financière internationale (SFI) une division de la Banque mondiale, a également investi 7,5 millions dans le projet prétendant qu’il « créera de l’emploi, engendrera des opportunités d’affaires pour les petites et moyennes entreprises et promouvra le développement durable ». Depuis 2006 la SFI a investi 68,6

Commentaire n°2 posté par lasorciererouge le 11/07/2012 à 20h03

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