Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Le Sénat ne veut pas que vous soyez instruits : livres plus chers sur Internet, les sénateurs proposent pire encore

Publié par David Jarry - Webmaster sur 24 Décembre 2013, 07:31am

Catégories : #Société

 

 amazon_livres.pngEn commission, les sénateurs ont encore durci la proposition de loi sur la vente de livres à distance, en proposant non seulement que les sites internet affichent un prix de base plus élevé qu'en magasin, mais aussi qu'ils aient l'obligation de faire payer des frais de port, même "symboliques". 

En juin 2013, l'UMP avait déposé une proposition de loi visant à interdire la gratuité des frais de port des livres achetés sur Internet, pour faire obstacle à la jurisprudence de la cour de cassation, qui avait autorisé la gratuité de la livraison en 2008, jugeant que ça n'était pas une pratique de concurrence déloyale à l'encontre des marchands traditionnels, ni un contournement illicite de la loi Lang qui impose de vendre les livres au prix voulu par l'éditeur. 

La proposition nous paraissait déjà absurde, puisqu'elle partait du principe que la gratuité des frais de port est une réduction de prix déguisée, alors qu'il ne s'agit que de frais de fonctionnement comme peuvent l'être les loyers, le chauffage ou les salaires des vendeurs dans les librairies traditionnelles. Pourquoi exiger de reporter certains frais sur le consommateur, et pas d'autres ? 

Mais depuis, loin de prendre conscience d'une telle absurdité, c'est à qui fera pire dans la surenchère chez les parlementaires et le Gouvernement. 
En Commission des affaires culturelles de l'Assemblée Nationale, il avait ainsi été voté que les frais de port seront payants, sauf si les consommateurs se font livrer à deux pas de chez eux, et non pas chez eux. Lors de la discussion du texte en séance plénière, les députés avaient supprimé cette disposition grotesque, mais ils avaient adopté une modification substantielle du texte, apportée par le Gouvernement. 

Suivant la proposition faite par la ministre de la culture Aurélie Filipppetti, les députés ont modifié le texte pour obliger à vendre plus cher les livres sur Internet que dans les librairies physiques. Alors que ces dernières peuvent appliquer un rabais de 5 %, le texte prévoyait que les vendeurs en ligne doivent afficher les livres au prix fort, et qu'ils ne puissent retrancher les 5 % qu'aux seuls frais de port éventuellement imposés. Ainsi, un livre acheté sur Internet coûterait au minimum 100 % du prix imposé par l'éditeur, alors que le même livre acheté dans une boutique physique coûterait 95 % du prix. Mais il restait possible d'appliquer des frais de port gratuits. 

La double peine 

Or voilà que la commission de la culture du Sénat fait pire encore. Voici désormais ce que ditle texte qui sera examiné en plénière par les sénateurs le 8 janvier prochain :

Lorsque le livre est expédié à l'acheteur et n'est pas retiré dans un commerce de vente au détail de livres, le prix de vente est celui fixé par l'éditeur ou l'importateur. Le détaillant peut pratiquer une décote à hauteur de 5 % de ce prix sur le tarif du service de livraison qu'il établit, sans pouvoir offrir ce service à titre gratuit.

 

Double peine. Non seulement les boutiques en ligne ne pourront pas appliquer la réduction de 5 % sur le prix facial des livres, mais en plus ils seront dans l'obligation de faire payer des frais de port - ils pourront néanmoins toujours déduire 5 % du prix du livre de ces frais de port, ce qui dans les faits devrait autoriser la gratuité. 

"Afin de compléter, pour en améliorer l'efficacité, le dispositif issu du vote de l'Assemblée nationale, votre rapporteure propose de réguler, parallèlement à l'interdiction du rabais de 5 % lorsqu'une commande passée en ligne est livrée à domicile, les conditions de facturation du service de livraison", explique la sénatrice Bazira Khiari dans son rapportdéposé mercredi dernier. Après après écarté la fixation du prix de livraison par l'administration, ou l'obligation de faire payer le coût exact de livraison, l'élue explique qu'il reste "a minima l'interdiction d'offrir ce service à titre gratuit, même si, à l'évidence, les prix pratiqués par Amazon, en raison des conditions tarifaires obtenues auprès des logisticiens comme de sa capacité à rentabiliser son activité sur d'autres secteurs que celui du livre, resteront inférieurs à ceux que pourront pratiquer la majorité de ses concurrents". 

"Même symbolique, la facturation de la livraison aura un effet psychologique sur le consommateur, en faisant disparaître un argument commercial majeur de la société américaine", écrit-elle. 

Obliger le lecteur à payer plus cher les livres qu'il commande sur Internet, pour sanctionner le succès d'une entreprise étrangère. C'est certainement là un exemple de politique intelligente et clairvoyante.

 

http://www.numerama.com/magazine/27866-livres-plus-chers-sur-internet-le-senat-propose-pire-encore.html

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Commenter cet article

gwendal 25/12/2013 03:07


E.G.D. j'apprécie ton commentaire: du bon sens et avec 'humour siouplait !


Il y a quelques années, j'ai acheté une convention collective du travail (de mon métier d'alors). Ca c'est fait en 2 fois: d'abords téléphoner pour commander, puis aller sur place (à40 kms/le seul libraire qui m'avait dit qu'il pouvait l'avoir en moins d'une semaine...) pour le
réceptionner! En allant sur place, j'ai pris un PV de stationnement + une mise en fourrière! (ceux qui ont déjà
circulé à Vannes savent pourquoi c'est si facile ...de ne pas trouver de stationnement!). Heureusement, le policier a été compréhensif (quand ja lui ai expliqué toutes les misères que je
subissais au boulot par un petit chef débile et un patron du même genre), et a annulé le PV et la fourrière... OUf


Les empêcheurs de s'instruire peuvent même les doubler les prix s'ils le veulent... On les achètera à plusieurs (chez amazon) et on se les passera aussitôt fini Résultat: fin des libraires


Soutien total aux vendeurs du net, car chez eux on trouve tout et vite Et, c'est de la part d'un gros consomateur de livres (des disaines par ans quand mes finances sont au beau fixe) ...et aussi quasi la seule chose que j'achète sur le net.

julia 25/12/2013 03:07


je ne suis pas libraire, non, mais je vis en zone rurale, et ici, la désertification est un probléme que nous devons combattre depuis des années.... laposte disparaît, puis le boucher, puis le
boulanger, etc, etc....alors, nous sommes devenus locavores, pour que commerçants et agriculteurs, et libraires... ne disparaissent pas du paysage...et tant pis si l'on doit attendre quelques
jours pour avoir un bouquin !!! amicalement. Julia.

É.G.D. ☼ 24/12/2013 13:45


Sans vouloir vous vexer, Julia, si l'on avait freiné voici quelques siècles les fabricants de papier afin de laisser survivre les fabricants de parchemin ou de papyrus, vous n'en seriez pas
aujourd'hui à imprimer vos documents sur une imprimante, mais vous auriez un scribe qui viendrait vous les écrire, à dix euros de l'heure.


Conclusion : si l'on avait freiné les nouveaux industriels, non seulement on aurait gagné des emplois pour la fabrication des feuilles de parchemin et de papyrus, mais en outre, on aurait gagné
des emplois chez les scribes ! Pour peu qu'on continue à tailler des plumes d'oie pour écrire, rien qu'avec l'industrie "écrivaine", on aurait presque résolu le problème du chômage !


Mais vous paieriez chacune de vos lettres environ trente euros, enveloppe et timbre non compris...


Personnellement, je préfère payer vingt-deux euros (frais de port compris) pour qu'Amazon m'expédie en 24h (quand la poste veut bien se les bouger) un bouquin que je choisis dans des milliers de
référence à partir de chez moi, que de payer vingt-sept euros pour le même bouquin qu'il a fallu commander parce que le libraire auquel je me suis adressé ne l'avait pas en stock et a dû le faire
revenir de je ne sais où (peut-être de chez Amazon) une semaine et demi après que je sois passé une première fois dans sa boutique ! Cas vécu avec un bouquin de cours québécois que j'ai eu le
malheur d'essayer de trouver en Europe...


Je n'ai rien spécialement "contre" les libraires, mais je n'ai certainement rien "pour" non plus !


Bon Noël quand même... Même si vous êtes libraire...

jeronimo 24/12/2013 12:38


l'etau se ressere de + en +, par ts ces guignols.....combien de temps encore


allons-nous les laisser faire ?allons-nous attendre d'etre totalement asphyxié !!?


un pays qui est quelque part une reference dans sa reprise de pouvoir: ISLANDE

julia 24/12/2013 12:36


contrairement à vous, je pense qu'il est temps de freiner Amazon, qui détruit les librairies de proximité, mais, en plus, offre des conditions de travail horribles à ses salariés 'voir mouvement
depuis plusieurs mois en Allemagne..).

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