Le Nouveau Paradigme

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Les écologistes ne servent à rien?

Publié par David Jarry - Webmaster sur 1 Mars 2014, 12:55pm

Catégories : #Environnement

La cause écologiste est la seule innovation politique véritable de ce siècle. Ceux qui la servent sont-ils à la hauteur? On peut en douter lorsque l'on constate qu'aucun des objectifs environnementaux n'a été atteint.

 

Indonésie, juin 2013. REUTERS/Beawiharta - Indonésie, juin 2013. REUTERS/Beawiharta -

D'aucuns s'interrogent sur la place des représentants écologistes au gouvernement. Leurs critiques de certaines directions prises, leurs déclarations intempestives et, dernièrement, le soutien de Cécile Duflot aux manifestants contre l'aéroport de Nantes ont lancé le débat: pourquoi François Hollande les garde-t-il? Leur «apport» politique à la majorité est-il si indispensable, si irremplaçable, qu'il faille passer sur leur énervante et permanente indiscipline?

Il est une autre façon que politique de poser la question de l'utilité des écologistes: l'examen de leurs résultats. La cause écologiste a-t-elle progressé? Les militants écologistes et leurs si nombreux et si querelleurs partis ont-ils su faire avancer leurs thèses? Leur interventionnisme, pour agaçant soit-il, est-il efficace?

 

Si la réponse est négative, si l'environnement n'est pas mieux protégé, il est légitime de se demander à quoi servent ces partis et, conséquemment, à quoi sert d'avoir des ministres Verts dans un gouvernement?

Entendons-nous: la cause écologiste est probablement la seule innovation véritable d'idéologie politique de ce dernier demi-siècle. Non pas vouloir «défendre la planète», résumé réducteur et mauvais guide, mais vouloir une société respectueuse des équilibres au sens large, qui vise la qualité de vie plutôt que la quantité consommée, qui apprenne à voir loin pour durer.

 

La crise financière avec ses excès en tout genre aurait dû être un moment de conversion à un capitalisme frugal. Tandis que la social-démocratie à laquelle se convertissent si tard les socialistes français est mise à mal par les dettes et que le système social est plombé par son coût, les écologistes auraient dû avoir le vent en poupe pour promouvoir auprès de l'opinion une évolution progressive mais radicale des modes de vie.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est manqué. Les élus écologistes français se sont éloignés de la défense de leurs thèses pour envahir le champ social occupé par la gauche ou, pis, pour ne plus vouloir que des postes. Mais, s'ils ont ainsi mobilisé leurs esprits dans la politicaillerie, c'est parce que leurs méthodes sont, sur le fond et partout, en échec. Les Français ne sont pas isolés, le recul des Verts est mondial.

 

 

L'échec est mondial

 

Le bilan tracé par l'ONU est sans appel[1]. C'est le paradoxe qui devrait faire réfléchir les Verts: les objectifs économiques dits du Millénaire ont été grosso modo atteints mais aucun des objectifs environnementaux. Depuis 1990, la pauvreté a été réduite de moitié, le nombre de personnes souffrant de la faim a diminué de 40%, 2 milliards de personnes ont obtenu un accès à l'eau.

Mais, déplore l'ONU:

«La croissance mondiale des émissions de dioxyde de carbone [CO2] s'accélère, elles sont aujourd'hui 46% plus élevées qu'en 1990. […] Les forêts continuent de subir des pertes à un rythme alarmant […]. La surexploitation des stocks de poissons a entamé les stocks mondiaux, [qui] sont actuellement en dessous du niveau auquel ils peuvent produire des rendements durables […]. De plus grandes zones terrestres et marines sont protégées, mais des oiseaux, des mammifères et d'autres espèces animales sont en voie d'extinction plus rapidement encore, avec des déclins des populations et des répartitions.»

La lutte contre le réchauffement climatique en est l'exemple le plus visible et le plus important, mais l'échec écologique est global.

La France le reflète. Les émissions de CO2 sont sous la moyenne européenne, mais elles n'ont pas été réduites depuis 1990 (la production nette, compte tenu des exportations et importations, a crû de 33%). Les ménages ont allongé leurs parcours en voiture, les logements se sont agrandis, les efforts réels de l'industrie ont été annihilés par le commerce et les services.

Le Grenelle de l'environnement, grand-messe de célébration d'une France convertie, a tourné à la bureaucratie. Deux lois, 268 engagements, qui se sont traduits par des piles de règlements et de normes supplémentaires, qui, dit le Conseil économique, social et environnemental, «n'ont pas conduit à une meilleure visibilité et accessibilité des droits à l'environnement»[2].

Concrètement, on ne voit pratiquement que des déceptions, des reculs, des renvois: 6% des surfaces agricoles devaient devenir bio, seuls 3,7% le sont; le fret ferroviaire devait croître de 25%, il a reculé d'autant; les énergies renouvelables devaient représenter 23% en 2020, nous en étions à 13,1% en 2011 et la Cour des comptes, calculant qu'il faudra faire passer les investissements à 40 milliards d'ici à 2020, s'interroge sur la soutenabilité de ce projet à un «coût élevé pour la collectivité»[3]. Bref, le Grenelle est à ranger auprès des protocoles et des conférences sur le climat, dans les oubliettes.

Les défenseurs écologistes, du moins ceux qui parlent au nom de leurs partis, opposent toujours le PIB et l'environnement. Ils n'ont de solutions pour faire prévaloir l'écologie que de brimer l'économie, par la contrainte et la bureaucratie, au lieu de se vouloir les inventeurs concrets d'une nouvelle économie frugale. Leur combat contre les infrastructures, dont les aéroports, fait d'eux des réactionnaires au lieu d'avant-gardistes. L'énergie, singulièrement le nucléaire, les obnubile; ils devraient être en pointe pour soutenir la recherche et les inventions rentables.

Pour servir leurs justes thèses, les écologistes devraient s'interroger au fond et admettre que, tant que leurs représentants ne se réconcilient pas avec le progrès, avec l'économie et avec la science, ils continueront à pester contre le cours de l'histoire sans parvenir à le modifier.

 

Eric Le Boucher Slate

Article également paru dans Les Echos

[1] Rapport 2013 sur les objectifs du Millénaire. Retourner à l'article

[2] Avis du Cese, février 2012. Retourner à l'article

[3] Cour des comptes: impact budgétaire et fiscal du Grenelle de l'environnement, janvier 2012. Retourner à l'article

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jo 02/03/2014 10:44


cette arcticle et déja trés libéral dans la pensé du journaliste "reconciliation avec l'economie; économie frugale;inventions rentable" les exemples des chiffres sur le bio ,le ferroviaire sont
aussi du parti pris. Le bio pourrait se dévelloppé ! mais bien sur! quand on voit le récent évenement de ce viticulteur qui a refusé de traiter ses vignes il a été poursuivi en justice et le fret
ferroviaire passe par une casse du service public par l'augmentation du cout des parcours abandon des marchés qui déservaient directement les entreprises dans des lignes peu fréquentées.ahhh
profit quand tu nous tiens...


enfin il faut ce demander si tout simplement les écologistes ne sont pas eux aussi des capitalistes(j'ai mon avis la dessus) ,qui on le sait ne sert pas la cause de l'écologie bien au
contraire...

gwendal 02/03/2014 00:41


Le système industriel mondial se sert des écolos en politique pour que les états taxent le peuple ...pour éviter que les états taxent l'industrie...ce qui serait pourtant le sens de l'écologie


L'écologie politique actuelle ne fonctionne pas, car elle a été prévue dès le départ pour servir les intérêts des industries


Par exemple: quand on entend des écolos dire qu'ils sont pour le nucléaire (toxique) car ça ne produirait pas de CO2 (l'oxygène du monde
végétal) ...on voit bien qu'ils sont à coté de leurs pompes

geronimo 01/03/2014 13:26


si ils servent ces couillons a taxer !!!! puisqu'ils ne savent dire que ça,comme si les taxes solutionnaient les problemes environnementaux plutot que de s'en prendre a la source ou cause
!!!!!!!!!!!!!!!!

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