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Les mauvais conseils de l’Assurance-Maladie aux diabétiques français

Publié par Dav sur 25 Mars 2013, 00:16am

Catégories : #Santé

Les conseils nutritionnels du programme Sophia sont proprement atterrants.

 
 Les mauvais conseils de l’Assurance-Maladie aux diabétiques ...
 

L’Assurance-maladie veut améliorer la vie des diabétiques français, voire faire reculer la maladie. Bravo ! Pour cela, elle a mis sur pied dès 2008 un programme de conseils et d’assistance gratuit auquel auraient déjà déjà adhéré 226000 personnes (sur 1,8 million éligibles). Encore bravo !

 

Sophia repose sur un service de "coaching" téléphonique assuré par 140 infirmiers et infirmières (270 à la fin 2013), qui s'assurent du suivi du traitement des adhérents, en liaison avec les quelque 56000 médecins qui participent au programme.

 

Mais Sophia c’est aussi des conseils pour les traitements, la prévention des complications et le mode de vie. La qualité des conseils portant sur le mode de vie est très importante dans la mesure où de bons conseils nutritionnels peuvent permettre aux diabétiques dans de très nombreux cas (si le pancréas est fonctionnel) de retrouver la santé pleine et totale, comme le montrent les études depuis 1984.

 

LaNutrition.fr est donc allé voir du côté des conseils alimentaires de Sophia aux diabétiques. Nous avons analysé une fiche disponible au téléchargement, qui concerne les glucides. Disons-le, le bilan est consternant et ces conseils ne sont pas de nature à inverser le diabète.

 

Dans ce livret, Sophia y fait la distinction entre d’un côté les « glucides complexes (…) absorbés lentement par l’organisme » et les « glucides simples (…) transformés rapidement en énergie », en justifiant ce distingo par le fait que « la notion de sucres lents et rapides n’est plus utilisée ». Le problème, c’est que le concept de glucides simples et complexes n’est lui-même plus utilisé depuis les années 1980 !

 

On utilise aujourd’hui les notions d’index et de charge glycémiques, dont il n’est pas dit un mot dans ce document. La raison en est que de très nombreux « glucides complexes » ne sont absolument pas « absorbés lentement par l’organisme » comme le fait croire l'Assurance-Maladie, mais peuvent se comporter au contraire comme du glucose, un sucre « simple ». Le pain complet (de blé) cité par Sophia comme un exemple de glucide complexe élevant « de façon progressive » la glycémie, ne l’élève pas du tout progressivement. Son index glycémique est de 76, ce qui le classe parmi les IG élevés (au-dessus de 70), donc à manier avec prudence dans le diabète. Le riz, lui aussi classé parmi les fameux glucides complexes, a un IG extrêmement variable mais le plus souvent élevé. Seuls certains riz (basmati) ont un IG modéré. La semoule de blé et les pâtes, qui figurent dans la même liste ont elles, un IG modéré mais attention aux portions, car intervient alors la notion de charge glycémique (CG) : des quantités importantes de ces aliments (une bonne assiette de pâte) conduisent à des CG élevés, c’est-à-dire à une annulation du bénéfice d’un index glycémique faible – on va y venir.

 

Le livret de Sophia donne des repères de consommation de glucides, par exemple « une portion de céréales, c’est 60 grammes de pain complet ». La charge glycémique de ces soixante grammes est de 25 environ, ce qui est élevé dans le régime d’un diabétique (une CG supérieure à 20 est jugée élevée). Les 50 grammes de muesli et de flocons d’avoine cités par le livret ont en revanche une CG modérée de 17 environ - tout va bien. Mais ça dérape à nouveau lorsqu’on en vient aux féculents. Les 150 grammes de pâtes, par exemple des spaghettis, ont une CG de l’ordre de 22 - c’est trop haut. De même 150 g de riz blanc conduisent à une CG de… 36 ! Les deux pommes de terre conseillées – soit environ 160 grammes, ont, si elles sont cuites au four (le livret ne donne aucun conseil sur la cuisson) une CG de 27.

Côté « sucres simples » ce n’est pas mieux. Sont mis dans le même sac les fruits, les sucreries, le miel et le lait. La place du lait dans la catégorie des sucres simples a de quoi surprendre. On suppose que c’est parce qu’il contient du lactose. Mais le livret ne dit pas que 30 à 40% de la population française ne peut pas digérer le lactose et aurait donc de bonnes raisons de se tenir à distance du lait. Passons. D’après la classification des sucres simples, exhumée on ne sait comment par Sophia après avoir été enterrée il y a 30 ans, les diabétiques devraient consommer avec modération pomme, orange, pêche, abricots, kiwis. Voyons leur CG. Une pomme a une CG de 6, une orange de 4, une pêche de 5, deux abricots ont une CG de 4 et deux kiwis une CG de 8 : des CG basses ou modérées. On voit que dans tous les cas, la CG des soi-disant « sucres simples à consommer avec modération » est bien meilleure que celles des « glucides complexes à consommer à chaque repas ». En plus, les fruits apportent des antioxydants, des fibres, des vitamines, des composés phénoliques, des minéraux, tous éléments qui contribuent à lutter contre les complications du diabète ou à les prévenir.

 

Mais qui a donc pu écrire de telles bêtises ? Mystère. Mais on sait qui les a entérinées. L’Assurance-Maladie explique que « l'ensemble de la documentation sophia est validée par un comité scientifique qui regroupe des membres de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), de la Haute Autorité de santé (HAS), du conseil national de l'Ordre des médecins, de syndicats de médecins, d'associations de patients, de réseaux de santé, de sociétés savantes. »

Sans commentaires.

Source

Les valeurs d'IG et de CG sont extraites du Guide des index glycémiques réalisé par l'équipe de LaNutrition.fr

 

Elvire Nérin avec Thierry Souccar

NP le nouveau paradigme

Commenter cet article

gwendal 25/03/2013 23:43


Mon père était diabétique (perforation du pancréas à l'age de 7 ans, en 1958, par une poignée de frein de vélo
trop grand pour lui lors d'une chute, et éclatement du foie par la même occasion / un éclatement du foie était
sytématiquement mortel à l'époque, et il était donc le tout premier humain a survivre à çà; sauvé par un médecin qui a utilisé une technique non conventionnelle, en suivant son intuition


C'est pas le diabète qui l'a tué, c'est un cancer ...ou plutôt la chimio!


Son propre diabetologue lui avait dit il y a déjà plus de 30 ans que "le meilleur médecin d'un diabétique est ...le diabétique lui-même". Une façon de reconnaitre que la médecine ne sait quasi rien sur la gestion de
cette maladie...

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