Clonage : La grenouille qui vomit ses bébés pourrait être ressuscitée

Sous la supervision du Professeur Mike Archer, une équipe de chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, a dernièrement permis à un embryon d’une espèce très rare de grenouille, le Rheobatrachus silus, de refaire son apparition après avoir disparu depuis 30 ans. Les travaux ont été rendus possibles grâce à des tissus congelés datant de 1973, et au transfert de noyaux de cellules somatiques. Cette grenouille qui avait disparu des écrans radars a une particularité : l’incubation gastrique. En d’autres termes, elle avale ses œufs après les avoir pondus pour les incuber dans son estomac pour que les nouveaux nés sortent découvrir le monde par la bouche de leur mère. La deuxième vie offerte à cette grenouille divise d’ores et déjà la communauté scientifique.

 

C’est pour protéger ses œufs que la grenouille plate à incubation gastrique, alias Rheobatrachus silus, avait opté pour la solution de les manger. Ce drôle d’amphibien, qui permettait ainsi aux embryons de se développer en toute sécurité dans l’estomac, donnait ainsi la vie par la bouche, à l’instar de très peu d’espèces du royaume animal. Le dernier membre de l’espèce s’est éteint en 1983, principalement pour des raisons environnementales, et sa disparition fut officielle en 2001. Mais la particularité de cette grenouille a continué d’intriguer le monde de la médecine, qui cherche à étudier les molécules permettant ses facultés.
 
Et c’est ainsi que Mike Archer, un zoologiste australo-américain spécialiste des vertébrés, et son équipe de l’Université de Nouvelle-Galles, en Australie, a entrepris de faire revivre Rheobatrachus silus, découvert en Australie même il y a 40 ans à peine, au travers du projet Lazarus. Le projet, qui repose sur une technique de clonage, est sur les rails depuis cinq ans. Et les chercheurs sont parvenus à réactiver le génome de la grenouille et à produire plusieurs embryons. En ayant extrait des tissus prélevés lors de la découverte de cette grenouille, les scientifiques ont effectué des transferts de noyaux de cellules somatiques. Les collaborateurs de Mike Archer ont ensuite injecté les noyaux dans des œufs d’une autre espèce de grenouille… et les embryons ont survécu quelques jours.
 
Ressusciter des espèces disparues en des temps pas trop reculés (l’ADN des dinosaures est trop dégradé pour nourrir un quelconque rêve de concrétiser un Jurassic park) est un exploit techniques qui motive certains scientifiques passionnés à l’idée de pouvoir ramener à la vie des mammouths, des tigres de Tasmanie ou des dodos. Sans parler du quagga quagga, dont le programme de réintroduction a déjà commencé. Mais la communauté scientifique se montre réservée. Le Professeur Alain Dubois, du Muséum d’Histoire naturelle à Paris, est un spécialiste de la grenouille plate à incubation gastrique. Il est ainsi intervenu dans les colonnes de Sciences et Avenir pour livrer son sentiment sur le projet de Mike Archer : « Les divisions des cellules-œufs jusqu’au stade obtenu par l’équipe du projet Lazarus sont quasi-mécaniques. Mais pour la suite du développement, quand les fonctionnalités complexes de l’ADN entrent en action, c’est tout autre choses. Pour la suite de leurs travaux, les chercheurs impliqués feront face à des limitations biologiques. Par ailleurs, ce qu’ils risquent fort d’obtenir sera un hybride des deux espèces, et pas un individu génétiquement pur ».

Quoi qu’en pensent des experts, Mike Archer compte bien poursuivre ses travaux. Son rêve est intact : Permettre à cette grenouille disparue de repeupler les marécages du Queensland, là où entre 350 et 800 mètres d’altitude les observateurs avaient l’habitude de la rencontrer avant son extinction.

 

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