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Marée noire Deepwater Horizon : une fuite de 59 000 barils de pétrole chaque jour !

Publié par Dav sur 10 Février 2012, 20:48pm

Catégories : #Environnement

 

plate-forme_usa_042010Lutte des pompiers pour rechercher des survivants et éteindre la plate-forme pétrolière off-shore en feu le 21 avril 2010
© US Coast Guard photo

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En combinant des mesures chimiques fines en eau profonde, en surface et dans l'air, les chercheurs du NOAA épaulés par des universitaires ont estimé indépendamment l'importance de la fuite de gaz et de pétrole dans l'environnement due à l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique en 2010.

 

Jeudi 22 avril 2010, la plate-forme d'exploration "Deepwater Horizon", exploitée par la compagnie British Petroleum (BP), sombrait au large de la Louisiane suite à une série d'explosions. Ce naufrage entrainait alors la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis : pendant plus de 5 mois, du pétrole et du gaz se sont échappés des puits de forage de la plate-forme sinistrée.

Différentes estimations quant à l'importance de la fuite d'hydrocarbures dans l'océan ont été réalisées. La dernière en date, basée sur des mesures chimiques, montre qu'en moyenne 11 130 tonnes de composés gazeux et pétroliers se sont répandus chaque jour dans l'environnement, confirmant les estimations officielles (11 350 tonnes ou 59 200 barils de pétrole liquide).

"L'étude repose sur les données chimiques collectées pour comprendre les modalités de l'épanchement," note Dr Thomas Ryerson, membre de l'équipe de chimistes du NOAA et auteur principal de l'étude. "Les mesures et analyses prises en surface et en profondeur communiquées par nos collègues universitaires ont été essentielles pour mettre au point cette nouvelle approche d'analyse des marées noires."

Soulignons que l'équipe dirigée par le NOAA n'a repris aucune des données utilisées pour les estimations initiales, telles que les analyses video des flux, le diamètre du pipeline et les calculs de flux fluides. "Nous avons analysé un ensemble complètement distinct de mesures chimiques, qui ont conduit à une estimation totalement indépendante de l'épanchement et abouti à des résultats très proches," note le Dr Ryerson.

Ces nouvelles analyses font suite à une autre étude du NOAA publiée l'année dernière, dans laquelle le Dr Ryerson et ses collègues ont estimé des niveaux moins importants d'épanchement de la Plateforme Deepwater Horizon. Elles s'appuient sur les données collectées dans l'atmosphère pendant deux jours au cours de la marée noire ainsi que sur la composition chimique du réservoir de gaz et de pétrole réalisées avant l'accident. Les nouvelles analyses tiennent compte de nombreux paramètres complémentaires, dont des échantillons prélevés en profondeur et en surface pendant six semaines et ainsi que des mesures directes de la composition du gaz et du pétrole effectivement répandus dans le Golfe du Mexique.

Les différents types d'émissions d'hydrocarbures

Le Dr Ryerson et son équipe ont constaté que le gaz et le pétrole échappés du réservoir se séparent rapidement en trois grands épanchements : l'un en eau profonde à 1000-1200 mètres de profondeur, la nappe de surface visible, et un nuage d'évaporation des produits chimiques. Chaque type d'épanchement possède sa propre composition chimique.

Les chercheurs ont constaté que la masse en eau profonde est riche en gaz hautement solubles dans l'eau dont essentiellement du méthane (gaz naturel) léger et du benzène (hautement cancérigène) présents dans les fluides s'échappant du réservoir. La nappe de surface contient principalement des composants lourds et visqueux, qui ne se dissolvent pas dans l'eau et ne s'évaporent pas dans l'air. Les composés chimiques présents dans le nuage contiennent un mélange diversifié de composants de masse intermédiaire présents dans le jet de gaz et de pétrole s'échappant du réservoir.

La nappe visible en surface représente environ 15 % du total de la fuite de gaz et de pétrole ; le nuage représente environ 7 % du total. Environ 36 % reste dans la nappe en eau profonde, et 17 % ont été récupérés directement à la surface par des collectes en mer. Le reste (environ 25 % du total) n'est pas directement traçable à l'aide des données chimiques.

Ces informations concernant la dispersion et la transformation des différents composants d'une marée noire sont précieuses pour mieux comprendre l'impact environnemental en vue d'une meilleure gestion des ressources.

Les mesures chimiques effectuées depuis la mi-mai jusqu'en juin montrent que la composition du nuage atmosphérique ne s'est guère modifiée, ce qui permet de conclure que la composition de la fuite de gaz et de pétrole est restée stable.

Les chercheurs ont en outre employé des mesures chimiques fines pour calculer la quantité totale de la fuite de gaz et de pétrole du réservoir fissuré. Les nouvelles estimations basées sur les mesures chimiques évaluent à 11 130 tonnes par jour la fuite avec une variation de 8 900 à 13 300 tonnes chaque jour, ce qui est proche de la fourchette de 10 000 à 12 700 tonnes fournie par les autorités.

La pire marée noire de l'histoire de l'humanité

Au final, environ 835 500 tonnes d'hydrocarbures se sont échappées des puits de forage de la plateforme pétrolière. C'est 20 fois plus que l'échouement du pétrolier Exxon Valdez, en mars 1989, l'ex pire marée noire de l'histoire américaine. Le dernier "record mondial" était détenu par la collision de 1979 entre les deux pétroliers Atlantic Empress et Aegean Captain, à une dizaine de kilomètres de l'île de Tobago : 280 000 tonnes de pétrole s'étaient alors déversées en mer.

Pour autant, le dégazage et déballastage sauvages, plus insidieux, représenteraient environ 4,56 millions de tonnes de produits pétroliers épandus par an dans le monde, selon le WWF. C'est plus de cinq catastrophes comme Deepwater Horizon chaque année !

Référence

Chemical data quantify Deepwater Horizon hydrocarbon flow rate and environmental distribution - PNAS, 10 janvier 2012
Traduction exclusive pour notre-planete.info : Michelle Vuillerot

Auteur

 

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 06 février 2012, 11 h 46 - Tous droits réservés

 

HorizonForet-5Vers un nouveau paradigme

2012 et après

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lasorciererouge 13/09/2012 22:02


Les résultats sur les conséquences de la marée noire en Lousiane ? Top secret !





 


779.000m³ de pétrole déversés dans les eaux du Golfe du Mexique, des milliers d'oiseaux, de dauphins, de tortues, de poissons
morts, des entreprises ruinées, des plages souillées, etc. Nous avons tous pu voir l'impact direct de la terrible marée noire qui a fait suite à l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon. Mais
quelles sont les conséquences de cette catastrophe environnementale aujourd'hui, deux ans après le colmatage du puits?


© epa.© reuters.© epa.


Lors d'une interview avec 20Minutes, Christophe Rousseau, adjoint du directeur du Centre de documentation, de recherche et
d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), regrette un manque de transparence. En effet, malgré les nombreuses études réalisées, aucune n'a publié de
résultats...

Certes, les Etats-Unis ont tenté de réagir au mieux face à cette pollution immense, notamment afin de protéger le delta du
Mississippi, zone écologiquement très sensible, mais ils n'ont pu empêcher le pétrole de s'étaler sur des kilomètres et des kilomètres de plage. Des dispersants ont été utilisés dans des
quantités énormes avec une incertitude concernant, d'abord, leurs effets positifs pour lutter contre la marée noire, et deuxièmement, sur l'impact de ces dispersants sur la nature.

Pour le moment en tout cas, rien ne filtre. Malgré des quantités astronomiques d'échantillons prélevés (eau, cadavres d'animaux,
crustacés, sédiments...), quasi aucune information n'a été dévoilée ou alors de manière infime. Cherche-t-on à cacher les résultats? Cette absence de publication éveille en tout cas de nombreux
soupçons.

Pour le moment, ce silence s'expliquerait par le fait que les parties intéressées (l'Etat américain, BP et les autres compagnies en
charge de la plateforme...) n'ont pas encore conclu d'accord sur le montant des indemnités.

Parmi les informations divulguées, on a appris qu'une partie du pétrole s'est transformée en microgouttelettes dans les fonds marins
(à environ 1.100 et 1.200 m), les bactéries qui vivent à cette profondeur ont directement mis le coeur à l'ouvrage pour s'attaquer à celui-ci.

Selon Christophe Rousseau, il faudra attendre cinq à dix ans pour obtenir des résultats plus complets.


 


Source: 7s7

lasorciererouge 24/06/2012 20:10


Pétrole/Guyane : les forages commenceront la semaine prochaine




CAYENNE - Les travaux de forages pétroliers au large des côtes de la Guyane française commenceront la semaine prochaine, a affirmé samedi à l'AFP le directeur
délégué de Shell en Guyane, Bruno Thomé.

La compagnie pétrolière Shell a reçu vendredi les autorisations qu'elle espérait pour démarrer une campagne de forages controversée au large de la Guyane, après
un imbroglio qui semble avoir coûté son maroquin à l'ex-ministre de l'Ecologie et de l'Energie Nicole Bricq.

Shell va débuter ses travaux la semaine prochaine, a déclaré M. Thomé. Actuellement, nous sommes dans une phase préparatoire aux travaux de forage, notamment la
vérification et la mise en service du matériel, a-t-il ajouté.

Selon lui, le navire de forage Stena Icemax est arrivé sur la zone de forage mardi. Sa destination n'a pas été modifiée notamment parce qu'il fallait relever une
partie de l'équipage, a précisé M. Thomé.

La compagnie a reçu vendredi officiellement la version des deux arrêtés préfectoraux signés mercredi par le préfet de Guyane.

Ils l'autorisent à lancer une campagne de forages exploratoires au large de la Guyane, et à mener d'ici la fin de l'année des études sismiques qui permettront de
continuer à évaluer le potentiel guyanais en hydrocarbures, après la découverte l'an dernier d'or noir par 6.000 mètres de profondeur.

M. Thomé a souligné la mobilisation unanime des élus guyanais et des socio-professionnels.

José Gaillou, seul élu écologiste au conseil régional de Guyane (Guyane Ecologie, affilié à EELV), très isolé, opposé à la mise en oeuvre des forages, a lui
fustigé auprès de l'AFP cette unité des élus guyanais en faveur d'une multinationale qui pille les ressources de la planète.

L'urgence en Guyane n'est pas la recherche pétrolière. J'aurais aimé voir une telle unité derrière les problèmes plus urgents de logement, de santé et
d'insécurité, a-t-il ajouté.

Shell est devenu le 1er février l'opérateur de ce projet pétrolier au sein d'un consortium qui regroupe outre Shell (45%), Tullow (27,5%), Total (25%) et Northpet
(2,5%).


(©AFP / 23 juin 2012 20h36)Romandie news


 


 


 

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