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Mariage pour tous: le débat est ouvert au sein de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine

Publié par Dav sur 29 Avril 2013, 10:04am

Catégories : #Société

Quai Saint-Thomas à Strasbourg, la cour du Stift, avec vue sur l’église Saint-Thomas : c’est le centre névralgique du protestantisme alsacien. Photo DNA – Jean-Christophe Dorn

Quai Saint-Thomas à Strasbourg, la cour du Stift, avec vue sur l’église Saint-Thomas : c’est le centre névralgique du protestantisme alsacien. Photo DNA – Jean-Christophe Dorn

 

L’adoption du mariage pour tous ouvre la porte au mariage religieux pour tous, au moins dans les Églises protestantes, où il consiste en une bénédiction de l’union civile. Le débat est ouvert au sein de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), qui n’a pas encore de position officielle. Les pasteurs sont, eux, partagés.

Martin Luther le réformateur, en ne retenant au début du XVIe siècle que deux sacrements, le baptême et l’eucharistie, ne pensait évidemment pas au débat que cela entraînerait ce mois d’avril 2013. L’adoption de la loi mardi par l’Assemblée nationale oblige les pasteurs à s’interroger : accepteront-ils de marier un couple homosexuel uni au civil ?

 

 

« Une décision à prendre en âme et conscience »

 

Si la demande ne devrait pas être pléthorique, le symbole est important. L’UEPAL, Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, planche sur cette question depuis des mois.

Pour mémoire, un débat sur la place des personnes homosexuelles dans l’Église, engagé entre 2002 et 2004 par les Église luthériennes et réformées de France, avait conclu que leur accueil était inconditionnel, leur accès au ministère pastoral conditionné (la discrétion est demandée) ; quant à la bénédiction nuptiale, elle n’avait pas été jugée opportune.

 

À l’image des dissensions apparues dans la société, le sujet divise au sein de l’Église, constate le pasteur strasbourgeois Michel Weckel : « Certains sujets de société sont de véritables bombes, surtout quand il y a en plus une composante religieuse. » Il se dit solidaire de la décision que prendra l’Église, même s’il aurait préféré qu’une position claire soit arrêtée. Se déterminer ne va pas forcément de soi : « Au départ, je ne savais pas quoi en penser, convient Michel Weckel. Mais j’ai lu tellement de bêtises sur le sujet. Face à la haine, mon sang de libéral protestant n’a fait qu’un tour. Ça m’a donné envie d’accepter si un couple me sollicite. »

Christophe Kocher, pasteur de la paroisse Saint-Guillaume à Strasbourg, a manifesté lui aussi son ras-le-bol des discours haineux dans son dernier sermon dominical : « Je fais miennes les positions de l’Église. Mais on se sent presque obligé de prendre position. Le mariage est une reconnaissance entre deux personnes. On doit réfléchir, analyser et non se lâcher. »

 

Freddy Sarg, pasteur de Wolfisheim-Oberschaeffolsheim, répond sans hésiter : « Si quelqu’un demande une bénédiction, je peux difficilement dire non. Le Seigneur n’a jamais rejeté qui que ce soit pour des questions d’orientation sexuelle. »

 

Respect et dialogue sont les maîtres-mots. Car les dissensions peuvent être profondes. À ceux qui invitent à ne pas avoir une lecture trop littérale de la Bible s’opposent ceux qui y trouvent la justification de leur opposition.

Michel Ertz, pasteur à Romanswiller, a répondu par un texte à notre sollicitation : « Personnellement, je ne peux ni ne veux bénir l’union que la Bible condamne. Que j’accepte cette union est une chose, que je la bénisse en est une autre. Il m’est inconcevable que mon Église permette de telles bénédictions, car ce serait éliminer la Bible comme fondement. » Et d’interroger : « Si le texte biblique n’est plus prééminent, la juxtaposition des pensées des uns et des autres serait-elle le nouveau fondement de l’Église ? »

 

Jean Wendling, pasteur à Wasselonne, est sceptique. Il reste cependant soucieux d’entendre les diverses positions : « On en est encore à s’écouter. L’UEPAL ne peut pas l’imposer, c’est une décision que l’on doit pouvoir prendre en âme et conscience ». Et de mentionner un débat organisé dans sa paroisse le 30 avril, avec notamment Joan Charras-Sancho, doctorante en théologie, engagée sur la question de la bénédiction nuptiale de couples homosexuels. « Ce qui a pris de court, c’est qu’on est passé de pas d’homos du tout à des homos qui veulent se marier puis à des homos qui veulent se marier et avoir des enfants qu’il faudra baptiser », note-t-elle.

Le compromis de l’Église de Rhénanie

 

« Oui, je suis pour », s’exclame Silke Bartel, pasteur dans la vallée de Munster. Elle éclaire sur une expérience voisine : « Je suis d’origine allemande. Nous avons eu le même débat dans l’Église de Rhénanie, il a duré près de 5 ans. On a trouvé un compromis: chaque paroisse et chaque pasteur décident s’ils veulent bénir ou non un mariage homosexuel. Si une paroisse dit non, un pasteur favorable qui en fait partie peut le faire ailleurs. Si la paroisse dit oui mais que le pasteur ne souhaite pas le faire, il peut ne pas le faire. »

La liberté de l’individu est primordiale dans le protestantisme. Mais l’Église ne se dérobera pas pour autant : elle adoptera une ligne, concertée, au plus tard dans un an.

 

par Myriam Ait-Sidhoum,
DNANP le nouveau paradigme

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lasorciererouge 30/04/2013 14:22


@ Aline,


La bible est déformée depuis fort longtemps par l'église pour pouvoir contrôler les homme..et côté homosexualité et pédophilie !!!! 


Alors c'est l'hôpital qui se fout de la charité !!


Pourquoi avoir aussi peur de notre masculin/féminin ??

Dav 30/04/2013 16:04



RED



Aline 30/04/2013 11:12


Je ne vois pas ce qu'il y a à discuter ! La Bible condamne l'homosexualité, point barre !!!

Dav 30/04/2013 11:32



Ayant pu lire la bible dans son intégralité pour avoir été fervent catholique par le passé je n'ai à aucun moment retrouvé de condamnations explicites de l'homosexualité, par contre le concept
d'AMOUR se retrouve partout avec celui du non jugement ce qui ne semble pas être votre cas et j'en suis désolé pour vous


Avec tout mon amour fraternel



gwendal 30/04/2013 01:21


Waouw, la super démocratie qu'on a! On en a de la chance! 2 départements ont le droit d'avoir un débat ...sur une loi déjà votée...oups

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