Une rue inondée le 22 mai 2012 à Villers-les-Nancy

Une personne âgée a été retrouvée morte mardi matin lors d'une intervention des pompiers à son domicile d'Essey-lès-Nancy. Une enquête a été ouverte par le parquet de Nancy pour déterminer les causes de son décès.

Plus de 200 pompiers ont mené près de 800 interventions toute la nuit, procédant à des dizaines d'évacuations, principalement sur la partie est de l'agglomération dans les communes d'Essey-lès-Nancy et Saint-Max.

 

Dans la matinée, un camion de pompiers et un bus urbain sont entrés en collision, blessant grièvement un pompier et légèrement deux passagers du bus. Le pompier, qui est tombé dans le coma, a été transporté vers le centre hospitalier de Nancy. "Il est désormais conscient", a indiqué la préfecture, en précisant que son pronostic vital n'était pas engagé.

Le maire de Nancy, André Rossinot, a indiqué qu'il demanderait à l'Etat la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.

D'innombrables caves ont été submergées par les inondations dans toute l'agglomération et de nombreuses routes ont été défoncées "par des torrents de boue comme on n'en avait jamais vus", selon les habitants.

 

"La situation est en train de se rétablir", a assuré à l'AFP le préfet de Meurthe-et-Moselle, Raphaël Bartolt, en milieu de matinée. "Je ne crois pas qu'il était possible de prévoir l'intensité de cet orage, qui était très localisé sur Nancy", a-t-il ajouté, en rappelant qu'une montée des eaux rapide a eu lieu "dès 23H00", suivie de "deux grosses vagues de pluie, très fortes, très intenses", entre minuit et 1H30.

 

La topographie de l'Est nancéien - qui se trouve dans une cuvette - conjuguée à des sols gorgés d'eaux en raison du temps pluvieux depuis plusieurs semaines, a précipité les ruissellements et provoqué les inondations, selon le préfet.

A certains endroits, l'eau est montée jusqu'à 2 mètres, faisant dériver les voitures sur plusieurs centaines de mètres.

"J'ai voulu aller voir ce qui se passait à 2H00, mais je n'ai pas pu m'approcher: le torrent était trop fort", a raconté à l'AFP, dépité, un boulanger de Saint-Max, Christian Larodonda. "Je n'ai pu accéder à la boutique qu'à 5H00: remplie de boue, avec des dégâts énormes", a expliqué cet artisan installé dans le quartier depuis un an et demi.

 

L'un de ses voisins, Emmanuel Davy, se désolait de sa "voiture entièrement défoncée", mais qui "contrairement aux autres n'a pas chaviré, car elle a été retenue par un poteau". "On ne pouvait rien faire, l'eau arrivait de partout, débordait des plaques d'égout, avec un débit impressionnant", a expliqué le sinistré. "Il y a un petit cours d'eau, le Gremillon, qui était déjà saturé lundi. Avec les orages, il a complètement débordé", a-t-il ajouté.

 

Au milieu des fortes odeurs de fioul, en raison de nombreuses fuites, la gérante d'une entreprise de broderie, Carole, a pour sa part affirmé n'avoir "jamais vu une telle chose". "C'est unique. Normalement, il n'y a jamais de crue ici depuis qu'ils ont canalisé la Meurthe il y a 30 ans", s'est-elle désolée. "On n'y croyait pas, quand on disait à nos voisins de regarder par la fenêtre, ils étaient stupéfaits de la vitesse de la montée des eaux", a-t-elle raconté.

 

De nombreuses écoles ont été fermées et les réseaux de transports en commun sont très fortement perturbés, a annoncé la mairie de Nancy. Les précipitations de la nuit ont battu un record absolu à Nancy: 103 millimètres d'eau en 4h. "Il a plu en une heure ce qui tombe habituellement en un mois", a indiqué Raphaël Bartolt.

 

Dans le Bas-Rhin, les pompiers ont effectué près de 800 interventions, mais les orages et la pluie n'ont pas provoqué de dégâts graves.

 

AFP publi 3-4 "Vers un nouveau paradigme"

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