Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Quand aura lieu la prochaine ère glaciaire ?

Publié par David Jarry - Webmaster sur 10 Janvier 2014, 13:10pm

Catégories : #Climat

 

 

Antarctique_iceberg_manchots© Marie-Charlotte Lepidi

Nous profitons actuellement d'un épisode climatique clément, une période interglaciaire à laquelle devrait succéder une période glaciaire. Cependant, selon une nouvelle étude publiée dans Nature Geoscience, la hausse récente et rapide du CO2 atmosphérique pourrait retarder l'imminence de ce nouvel âge glaciaire.

Deux paramètres majeurs influent sur le climat de notre planète : la concentration en gaz à effet de serre et la position astronomique de la Terre par rapport au soleil. Le premier modifie la température de notre atmosphère et le deuxième la quantité d'énergie que nous recevons de notre astre.

Depuis environ 1,8 millions d'années, la Terre connaît une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires rythmées principalement par des paramètres astronomiques (variation d'excentricité de l'ellipse de l'orbite terrestre, obliquité de l'axe des pôles et précession des équinoxes), on parle de cycles.

Actuellement, nous sommes dans une période interglaciaire, appelée Holocène, particulièrement propice au développement de nos civilisations, et qui a débuté il y a environ 11 600 ans. Alors qu'une période glaciaire dure environ 80 000 ans, les périodes interglaciaires sont plus courtes (de quelques milliers d'années à 20 000 ans). Ce qui signifie que la Terre devrait connaître dans quelques millénaires une nouvelle période glaciaire.

 

Le dernier âge glaciaire : un monde bien différent

Rappelons qu'au moment du dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans, le sol européen était en partie gelé et le niveau de la mer était inférieur d'environ 120 mètres. En hiver les températures descendaient régulièrement jusqu'à -30°C, les pingouins et les phoques se baignaient en Méditerranée,  les glaciers recouvraient l'Ecosse et le nord des Pays-Bas, la Manche était à sec et on pouvait donc rejoindre l'Angleterre... A pied[1] !

Heureusement, ce scénario « frigorifiant » ne devrait pas se reproduire avant quelques dizaines de milliers d'années. En effet, un certain nombre de scientifiques français[2] estiment que notre période interglaciaire actuelle devrait être exceptionnellement longue et pourrait se prolonger pendant encore 20 000 à 60 000 ans !

 

Un nouvel âge glaciaire dans seulement 1 500 ans ?

Mais c'était sans compter sur de nouveaux calculs effectués par une équipe internationale pilotée par Chronis Tzedakis à l'University College London (UCL).

En se basant sur les signes précurseurs d'un changement de cycle via l'analyse des changements brusques de températures au Groenland et en Antarctique, ces scientifiques ont identifié une période (nommée Marine Isotope Stage 19c - ou MIS19c) similaire à la nôtre (même quantité d'énergie solaire reçue), il y a 780 000 ans. A ce moment, des changements profonds des courants océaniques eurent lieu, précipitant la Terre dans une nouvelle période glaciaire.
Ainsi, par analyse des signes précurseurs passés, la prochaine période glaciaire ne devrait pas apparaître dans quelques dizaines de milliers d'années mais dans seulement... 1 500 ans, c'est à dire demain, à l'échelle de l'histoire climatique de la Terre !

Le professeur  Tzedakis a déclaré : "l'incertitude concernant l'imminence d'un hypothétique âge glaciaire découle de la faiblesse inhabituelle du rayonnement solaire minimum en été, ce qui caractérise la situation actuelle."

Or, les chercheurs ont constaté que le début de l'ère glaciaire qui s'est produit il y a environ 780 000 ans, s'est amorcé dans les mêmes conditions de rayonnement solaire qu'actuellement. Toutefois, à cette époque, un facteur de taille n'était pas le même qu'aujourd'hui : il s'agit de la concentration en gaz à effet de serre.

En effet, il y a 780 000 ans, les concentrations en dioxyde de carbone ne dépassaient pas 240 ppm[3], contre près de 400 ppm actuellement ! Et cela change tout... De telles quantités de gaz à effet de serre contribuent à réchauffer significativement l'atmosphère comme en témoignent les records de températures enregistrés depuis des décennies. Ce qui devrait alors retarder l'arrivée de la prochaine glaciation. Si les paramètres astronomiques semblent réunis pour l'imminence d'un nouvel âge glaciaire, les concentrations en gaz à effet de serre devraient être inférieures à 240 ppm[4].
"Aux niveaux actuels de CO2, et même si toutes les émissions stoppaient instantanément, nous connaîtrions probablement une longue période interglaciaire, dont la durée dépendra des mécanismes de long terme qui interviendront pour résorber ce CO2", précise le Dr Skinner du département des sciences de la Terre de l'Université de Cambridge.

 

Le réchauffement climatique : une bonne nouvelle pour atténuer les glaciations ?

Si cela semble être une bonne nouvelle et pourrait satisfaire les allergiques aux mesures de réductions des émissions de gaz à effet de serre, le professeur Tzedakis insiste sur le fait "qu'aucune variabilité naturelle ne pourra modérer les effets d'un réchauffement planétaire d'origine anthropique".

Soulignons qu'il y a seulement 20 000 ans, le climat et les paysages de l'hémisphère Nord étaient profondément différents avec des températures moyennes de seulement 5°C inférieures à celles que nous connaissons actuellement.
Or, Luke Skinner a averti que l'action de l'Homme ne se borne pas à maintenir artificiellement le climat en mode interglaciaire, mais le réchauffe considérablement. En effet, à cause de nos activités et de notre inertie politique, la température moyenne devrait augmenter d'au moins 2°C et d'au plus 6,4°C selon les prévisions du GIEC : la face du monde et nos sociétés s'en trouveront bouleversées pour des millénaires et ce, dans seulement quelques décennies...

Notes

  1. Le climat : jeu dangereux ; Jean Jouzel, Anne Debroise
  2. Jean Jouzel, Valérie Masson-Delmotte, Michel Petit, Edouard Bard...
  3. Parties par million
  4. Des études conduites par Lawrence Mysak de l'Université McGill à Montréal, envisagent une valeur de 20 à 30 ppm plus élevée)

Sources

Référence 

Tzedakis, P.C., Channell, J.E.T., Hodell, D.A., Kleiven, H.F. & Skinner, L.C. (2012) Determining the natural length of the current interglacial - Nature Geoscience 10.1038/NGEO1358.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

 

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Commenter cet article

Armoricain 11/01/2014 02:10


Le Co2 et en aucun cas responsable du "réchauffement climatique" ça été prouver mainte et mainte fois... Les médias sont inculte je fais référence au vortex polaire aux USA qui n'a rien
d'exceptionnel quand y a un record on prend la température réelle et non le windchill le ("pseudo-record" et de -52 windchills mais température réelle et de -22°C) le record en vérité et de -40°C
qui date (jadis).


-22°C + Vitesse du vent (km/h) a 90 km/h = -51.6°C


-40°C + Vitesse du vent (km/h) a 90 km/h = -77.6°C


 

gwendal 10/01/2014 23:34


Je répond au titre:


>il y a 5 ans   ...La terre ne se réchauffe plus depuis
15 ans (stabilité à partir de 1998 et pendant 10 ans) et elle refroidit depuis 5 ans (depuis 2008)


C'est dur a avouer pour ces scientifiques ...qui ne cessent de nous dirent que ça ne sera pas de notre vivant...


Pourtant, nous sommes déjà dans une période glacière ...mais juste au début, puisqu'elle a commencé il y a 5 ans


De mon point de vue: Jean Jouzel = crédibilité zéro Dès que je vois son nom dans une émission télé >je
zappe

Yann 10/01/2014 16:10


Ce qui est agaçant pour les néophytes que nous sommes, ce que l'on nous parle de hausse de T° et de retour à l'age de glace, et que l'on s'apperçoit également que les climatologues ne sont pas
tous d'accord entre eux. Alors "Wait & See"...

Jophiel 10/01/2014 15:47


L'activité humaine est en grande partie responsable de la montée du co² , gaz à effet de serre. Mais d'autres paramètres entrent aussi en compte, s'il se produisait d'importantes éruptions
volcaniques, l'ère glaciaire arriverait plus vite que prévu. Phénomène astronomique également, la terre passe au périhélie en hiver pour l'hémisphère nord, ce qui donne des températures "douces"
malgré les - 30° actuels aux USA. Si la terre était à l'aphélie en hiver toujours pour notre hémisphère nord, les glaces de la banquise descendraient jusqu'à la France. Beaucoup de phénomènes
entrent en compte et les prévisions restent ce qu'elles sont, des supputations basées sur les observations actuelles et non sur des événements non prévisibles à venir.

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