Le Nouveau Paradigme

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Sous l'impact du changement climatique, l'eau de surface se raréfie dans le sud de la France

Publié par Dav sur 11 Octobre 2013, 18:49pm

Catégories : #Environnement

 

 

Une étude réalisée par l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) et l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) montre que sous l'impact du changement climatique, l'eau de surface se raréfie dans le sud de la France.

Ce qui est longtemps resté une hypothèse est à présent confirmé. Au-delà de la pression grandissante imputable à la démographie et à l'urbanisation, à l'agriculture et à l'énergie, l'augmentation des températures moyennes – qui a d'ailleurs un impact plus sensible que les modifications du régime des précipitations – suscite une aggravation des sécheresses.

L'étude de l'Onema s'appuie sur le patrimoine statistique exceptionnel de la France dans ce domaine. Les auteurs – Ignazio Giuntoli, Pascal Maugis, Bénédicte Augeard et Benjamin Renard – ont analysé les données collectées quotidiennement par 236 stations hydrométriques en métropole et 14 dans les départements d'Outre-mer depuis au moins quarante-cinq ans. Celles-ci mesurent l'importance des étiages (lorsque le niveau de la rivière est au plus bas), le débit annuel moyen, les hautes eaux.

 

SÉVÉRITÉ ET PRÉCOCITÉ DES PÉRIODES DE SÉCHERESSE

 

Les stations sélectionnées analysent des cours d'eau qui n'ont pas été bouleversés de façon conséquente soit par la construction d'un barrage hydroélectrique ou de tout autre aménagement, soit parce que ces rivières n'ont pas subi de prélèvements importants sur une longue période. Ces données journalières ont été passées au crible : la sévérité des étiages en particulier, c'est-à-dire l'importance du déficit en eau, la durée de la période de sécheresse et la précocité à laquelle celle-ci se produit dans la saison.

Une fois nourris de ce travail, les modèles mathématiques indiquent une incontestable aggravation du manque d'eau pour la période 1967-2007 dans plusieurs régions de la moitié sud de la France : dans les Pyrénées, le Massif central, le Jura, ainsi qu'en Aquitaine et sur le pourtour méditerranéen. Dans le sud-est du territoire et dans quelques cours d'eau de Bretagne, la saison des étiages a en outre tendance à commencer de plus en plus tôt.

Au chapitre des hautes eaux, qui peuvent se traduire par des inondations, les auteurs se montrent plus circonspects dans leurs conclusions. Ils notent cependant une tendance à l'augmentation du maximum annuel de débit dans le nord-est qui peut croître au rythme de 3 % à 5 % par décennie. Quel que soit l'indicateur retenu, les différentes cartes de cette étude laissent apparaître des signaux d'alarme nets pour les départements situés aux contreforts des Pyrénées où de vives tensions existent déjà en été pour l'accès à l'eau.

Prudemment, les auteurs ne prennent pas le risque de présenter ces tendances à la raréfaction de l'eau comme une preuve irréfutable du réchauffement de la planète, compte tenu du rôle possible des oscillations climatiques. Il n'empêche, écrivent-ils, ce panorama qui, contrairement à la précédente étude de 2006, est "statistiquement significatif", met en évidence "une situation de tension sur la ressource", confirmée par de nombreuses observations de terrain.

 

Source : ONEMA

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