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Thaïlande: les «hommes en noir» au cœur de l'insurrection

Publié par David Jarry - Webmaster sur 21 Février 2014, 18:06pm

Catégories : #Société

Les affrontements meurtriers de mardi entre la police et les manifestants anti-gouvernementaux dans le centre historique de Bangkok ont fait quatre morts, de nombreux blessés et plus d'une centaine d'interpellations. Des affrontements qui ont mis en évidence la présence d’hommes armés et entraînés aux côtés des manifestants, les « hommes en noir ».

 

 

Ces « hommes en noirs », comme les surnomment les Thaïlandais, ne sont pas un phénomène nouveau dans les rassemblements politiques. Ils étaient apparus il y a trois ans lors des manifestations des « chemises rouges », les partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra.

La tête couverte d’une cagoule, vêtus d’un gilet pare-balles et armés de fusils automatiques, les « hommes en noir » sont devenus omniprésents dans les manifestations politiques en Thaïlande. Et leur efficacité est redoutable. Ils parviennent régulièrement à provoquer la débandade au sein des unités, de police ou de militaires, chargées de rétablir l’ordre.

 

Des mercenaires professionnels

 

En 2010, quand ces « hommes en noir » sont apparus pour la première fois, en moins d’une heure près d’une dizaine de soldats avaient été tués notamment dans des explosions de grenades. A l’époque, les « hommes en noir » semblaient avoir une motivation politique. Ils étaient formés par Seh Daeng, un général rebelle assassiné un mois plus tard.

Depuis, les choses ont changé. Les « hommes en noir » sont toujours là, du côté cette fois des opposants à Thaksin, fer de lance de ces milliers de manifestants réclamant la destitution de la Première ministre actuelle, Yingluck Shinawatra, une sœur de Thaksin.

Mais, selon plusieurs sources, les « hommes en noir » sont désormais des mercenaires professionnels, prêts à vendre leurs services à n’importe quelle faction. Le plus souvent, ce sont des militaires, ou d’anciens militaires. Ils sont aussi parfois « prêtés » à des groupes militants par leurs supérieurs qui veulent témoigner de leur sympathie politique.

 

Thaïlande: le Premier ministre Shinawatra en voie d’inculpation

 

En Thaïlande, la Commission anti-corruption a décidé d’inculper la numéro un du gouvernement pour négligence dans le cadre d’un programme de subventions à la riziculture. C’est le premier stade d’une longue procédure qui peut aboutir à son limogeage. Une décision qui intervient alors que des affrontements meurtriers opposent policiers et manifestants à Bangkok.

 

Dès sa prise du pouvoir en août 2011, Yingluck Shinawatra avait initié un programme de soutien aux riziculteurs qui consistait à leur acheter le riz à des prix 40 % au-dessus des tarifs du marché. Au départ, ce programme a enchanté les paysans qui constituent la base politique de Yingluck. Jusqu’au moment ou le gouvernement n’a plus été capable de payer à cause des pertes financières colossales.

C’est pour cette raison que la Commission anti-corruption inculpe la Première ministre de négligence dans le cadre de ses fonctions. Selon la commission, Yingluck aurait été informé de ces pertes de dizaines de milliards d’euros sans vouloir pour autant stopper le programme.

 

Violents heurts entre manifestants et policiers

 

La décision de la Commission anti-corruption tombe à un moment important de la crise politique thaïlandaise alors que des milliers de manifestants réclament dans les rues de Bangkok la destitution de Yingluck. Les affrontements ont fait quatre morts, dont un policier et une soixantaine de blessés.

C'est aussi le premier pas d’une longue procédure. Après avoir entendu Yingluck, la Commission anti-corruption doit décider de transférer ou non le dossier à la Cour suprême. Et c’est seulement si celle-ci donne suite et condamne Yingluck, que la Première ministre sera démise de ses fonctions. Ces dernières années, la cour suprême a destitué à deux reprises des gouvernements favorables au clan Shinawatra, lequel a donné trois Premiers ministres à la Thaïlande.

 

Thaïlande: arrestations massives de manifestants à Bangkok

 

En Thaïlande, les autorités ont lancé une opération de police ce mardi pour reprendre le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale occupés par des manifestants. Deux personnes ont été tuées, un policier et un manifestant, et une soixantaine d’autres blessées.

 

Dès 7h du matin, plusieurs centaines de policiers anti-émeutes ont repris le contrôle d’un des sites de manifestation, près du ministère de l’Energie. Une centaine de personnes a été arrêtée.

Dans l’un des principaux sites dans le nord de Bangkok, les manifestants, menés par le moine bouddhiste Luang Pu Buddha Issara, ont accepté, après négociations, d’évacuer l’avenue qu’ils paralysaient depuis début janvier. Le principal point de tension dans la matinée était autour du siège du gouvernement, dans le quartier historique de Bangkok.

Les policiers anti-émeutes ont tiré des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour tenter de chasser le groupe le plus radical des manifestants, barricadés derrière des piles de sacs de sable et des blocs de béton. Certains manifestants ont riposté avec des armes à feu. Il y a plusieurs blessés de part et d’autre, dont un policier touché d’une balle dans la tête. Il semble que les autorités soient décidées à se montrer fermes, après le désastreux fiasco de l’opération de police du week-end dernier.

Dans le même temps, la Première ministre Yingluck Shinawatra a fait une intervention officielle à la télévision. Elle s’est adressée aux riziculteurs qui manifestent à Bangkok pour réclamer le paiement d’arriérés dans le cadre d’un programme gouvernemental de subventions. Une façon sans doute de faire comprendre que l’opération de police ne vise pas ces paysans venus des provinces.

 

Thaïlande: les manifestants encerclent la Maison du gouvernement

 

En Thaïlande, les manifestants continuent à défier le gouvernement de la Première ministre Yingluck Shinawatra. Après l’opération de nettoyage ratée de la police ce week-end, les manifestants ont de nouveau encerclé le siège du gouvernement. Des riziculteurs en colère leur ont prêté main forte. Ces derniers réclament des paiements de la part du gouvernement dans le cadre d’un programme de subventions au prix du riz. Ils ont envahi l’enceinte administrative où travaille la Première ministre.

 

Une image symbolique qui a la mérite de la clarté : le leader des manifestations anti-gouvernementales, l’ancien député Suthep Thaugsuban, a littéralement bétonné les entrées de la Maison du gouvernement. C'est un charmant bâtiment de style vénitien où travaille habituellement la chef du gouvernement, Yingluck Shinawatra, et ses ministres.

Cet affront aux autorités intervient après un week-end où la police s’est évertuée en vain à reprendre le contrôle de certains secteurs de la capitale occupés par les manifestants. Il a provoqué la colère du vice-Premier ministre en charge de la sécurité, Chalerm Yoobamrung. Celui-ci a promis de déployer les policiers anti-émeutes contre les manifestants dès que ceux-ci seraient en faible nombre.

 

Pertes financières dans le secteur du riz

 

Autre facteur contribuant à la montée de la tension : des milliers de riziculteurs ont fait irruption dans l’enceinte d’un bâtiment administratif où s’est installée la Première ministre depuis l’encerclement de la Maison du gouvernement. Ces riziculteurs réclament le paiement par le gouvernement du riz qu’ils ont vendu dans le cadre d’un programme de subventions. Ce programme a provoqué des pertes financières massives, de l’ordre de dizaines de milliards d’euros. Et le gouvernement peine à emprunter pour honorer ses engagements.

 

Source: 
Rfi.frNP-le-nouveau-paradigme-copie-1

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Sylvie 21/02/2014 21:49


et il y a aussi :


L'Espagne
http://fr.euronews.com/2014/01/16/espagne-manifestation-houleuse-a-madrid-en-solidarite-avec-burgos/

http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-espagne-multiples-manifestations-et-repression-dans-le-silence-des-medias-fran-ais-122471394.html

La Guinée
http://www.rfi.fr/afrique/20140218-guinee-deux-morts-33-blesses-lors-manifestations-conakry/

Le Vénézuela
http://www.contrepoints.org/2014/02/20/157162-le-venezuela-est-il-au-bord-du-chaos


Bonne soirée.

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