"The big one" : la mystérieuse faille sismique de New Madrid, Missouri

Publié le 20 Avril 2012

 

La zone sismique de New Madrid s'étend sur plusieurs Etats.
La zone sismique de New Madrid s'étend sur plusieurs Etats. | USGS

 

Et si "The big one", le plus grand tremblement de terre de tous les temps, n'avait pas lieu à San Francisco ou à Los Angeles, mais à New Madrid, petite ville du Missouri au bord du Mississippi ? C'est la question que se posent certains médias américains depuis le tremblement de terre qui a touché la ville mardi 21 février. Peu avant 4 heures du matin, les trois mille habitants de cette bourgade, située entre Memphis et Saint-Louis, ont été tirés de leur sommeil par une secousse de magnitude de 4 sur l'échelle de Richter. Si le séisme était bien trop bénin pour avoir de l'écho en France, les Américains, eux, ont cherché à en savoir plus, plaçant momentanément le sujet en tête des requêtes Google.

 

A priori, pas de quoi s'alarmer. Sauf si l'on creuse un peu, et que l'on remonte tout juste deux cents ans en arrière. L'hiver 1811-1812, le lieu a enregistré plus de mille tremblements de terre successifs de magnitude 8 (PDF). Les plus puissants du pays hors d'une zone à risque. En effet, et c'est cela le plus étrange, la région est très éloignée des limites des plaques tectoniques et n'a donc pas de raisons d'être aussi exposée au risque sismique.

 

Les géologues ont donc creusé la question, mettant au jour une faille plus récente, enfuie sous la plaine alluviale du fleuve Mississippi. A cet endroit, la croûte terrestre s'amincit, provoquant un effondrement en profondeur, baptisé "Reelfoot Rift". Un phénomène qui inquiète les médias locaux, qui s'interrogent sur les risques potentiels de survenue d'un séisme beaucoup plus intense.

 

"PLUS DE 100 MORTS ET 2 500 BLESSÉS"

L'USGC, le département américain d'études géologiques, avance des statistiques : dans les cinquante prochaines années, il y aurait 25 % à 40 % de risques de survenue d'un séisme de magnitude de plus de 6, et entre 7 % et 10 % de risques pour un séisme de plus de 7,5. Du coup, des simulations sont réalisées pour prévoir les conséquences possibles sur la zone, comme en mai dernier.

 

"Mardi 16 mai 2011 à 9 heures, un séisme de magnitude 7,7 s'est produit le long de la zone sismique de New Madrid. Les dégâts sont estimés à cent décès et plus de deux mille cinq cents blessés nécessitant une hospitalisation. Des centaines de personnes sont portées disparues et des centaines d'habitations ont été détruites", annonce le document de l'USCG. "Des inondations sont à prévoir le long du Mississippi faisant suite aux glissements de terrain ; des ponts et des routes sont endommagés, des canalisations, brisées, affectant l'approvisionnement en eau et en produits de première nécessité", poursuit l'agence américaine.

Il n'en fallait pas plus pour alerter le site d'information local Examiner.com, qui conseille aux habitants d'envisager dès à présent les pires des scénarios et de faire des réserves d'essence, d'eau potable, de denrées alimentaires, de fournitures "d'urgence" comme les lampes de poche, piles, radio, médicaments prescrits et produits d'hygiène.

 

A l'inverse, le Riverfront Times se garde de tout catastrophisme et préfère citer le géologue Seth Stein, qui parie lui sur le comblement de la faille. Ce dernier affirme dans son dernier ouvrage, Disaster Deferred, que le tremblement de terre dévastateur n'aura jamais lieu. Les pouvoirs publics ne veulent, en tout cas, prendre aucun risque. Le Rolla Daily News rapporte que le 7 février dernier, plus de 150 000 habitants du Missouri et des centaines d'écoles ont participé à un exercice d'évacuation grandeur nature.

 

Pauline Pellissier

Le Monde.fr

publi 3-4"Vers un nouveau paradigme"

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Rédigé par Dav

Publié dans #Changements terrestres

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