Le Nouveau Paradigme

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Tragédie mondiale : en route pour l’acte final ?

Publié par Dav sur 20 Novembre 2012, 07:41am

Catégories : #Société

L'impact est palpable. Le sombre lendemain arrive en cavalant. Crise financière générale. Fin programmée des énergies fossiles[1]. Poudrière orientale. L'année 2012 converge vers le choc systémique économico-géopolitique. Lors de cette année de « fin des temps », élections présidentielles, législatives, et référendums cruciaux ont eu lieu dans de nombreux pays, permettant de dégager les lignes directrices du tableau se dressant devant nous, dont le dernier coup de pinceau sera donné en janvier 2013, pour les élections législatives de la Knesset en Israël.

 

La chute du mur de Berlin accéléra l'avènement d'un monde unipolaire apaisé sous hégémonie américaine, un mondialisme angélique dans le texte mais féroce en réalité. Force est de constater que les facéties de l'Histoire ont chamboulé une fois de plus les pronostics répandus. Est-ce l'illustration de la troisième loi de Newton selon laquelle tout corps exerçant une force sur un autre corps, subit une force d'intensité égale ? A côté de l’unipolarité faussement vertueuse du monde dit « libre », il s’est construit peu à peu un équilibre multipolaire, dont les leaders, aux intérêts certes antagonistes, ont posé comme maître étalon le respect du droit international. Tels des duellistes s’apprêtant à croiser le fer, la rencontre de ces deux visions approche à grand pas.

 

Le nœud gordien de l'équilibre international, comme se plaisent à dire les géopoliticiens, se situe entre le Proche et le Moyen-Orient[2]. Le verrou de la Caspienne[3]. Le point de convergence des problématiques énergétique et religieuse. Ces derniers temps, cette zone et ses environs ont été les témoins de nombreux bouleversements. Révolutions arabes. Chute de Tripoli. Déstabilisation syrienne[4]. Tout un jeu d'alliances se tisse autour de ces problématiques et conduit à l’opposition entre l'axe OTAN et ses alliés, et l’axe BRICS[5] plaidant pour une refondation des relations internationales reflétant le caractère multipolaire du monde au XXIème siècle.

 

Dans le grand échiquier mondial[6], l'affrontement Iran-Israël cristallise l’opposition entre ces deux forces d’intensité égale. Un conflit dont on sent l'imminence, comme l'annonce avec une impatience non dissimulée le Rav Ron Chaya[7]. D’un côté la guerre pour « la paix et la liberté », en réalité une guerre pour la maîtrise des énergies fossiles, et ses flux de circulation, en Eretz Israel. Ou, à l'inverse, une main tendue vers l'Iran, comme le souhaitent la gauche israélienne et la mouvance BRICS, engendrant une ère nouvelle dans les relations internationales, fondée sur le respect entre les Nations, et l’instauration de relations pragmatiques entre elles.

 

Un conflit et deux visions de la mondialisation. La construction d’un mur ou d’un pont entre les peuples.

Dans ces périodes de « chocs », et la stratégie sous-jacente en découlant comme l'a théorisée Naomi Klein[8], tout est concevable. Le meilleur comme le pire. Et début 2013 les lignes seront tracées. L'orientation choisie. Les diverses échéances électorales de l'année ont donné le ton et permettent de jauger les forces en présence.

 

L'OTAN et ses alliés tendent à se radicaliser de jour en jour. Le gouvernement socialiste français n'hésite pas dorénavant à souhaiter la mort physique d'un adversaire politique en la personne de Bachar el-Assad, par la bouche du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius[9]. La diplomatie française ne nous avait pas habitué à ce type de saillie sanguinaire. La résistance du peuple syrien n’est probablement pas du goût de tout le monde, et retarde les plans hégémoniques de l’Empire, qui croyait s’ouvrir plus facilement une porte vers Téhéran. Afin d’accélérer le processus, le président français a déclaré, lors d’une conférence de presse donnée le 13 novembre 2012, son soutien logistique aux rebelles syriens en leur promettant armes et munitions[10]. Sans brusquer l’opinion, François Hollande officialise lentement mais surement un constat dressé depuis presque un an par tout chercheur de vérité normalement constitué : la France participe depuis longtemps à la déstabilisation du régime syrien.

 

Outre-Atlantique, les élections américaines viennent de donner leur verdict. Si Barack Obama semblait être plus souple que Mitt Romney en matière de politique étrangère, l’approche vis-à-vis du dossier iranien est dictée par les mêmes lignes directrices chez les deux candidats. Il n’y a que la façon de le dire qui change. Dans un discours tenu devant le puissant lobby pro-Israël AIPAC[11], Obama a réaffirmé être prêt à utiliser la force contre le régime de Téhéran[12]. Malgré les dissensions internes au pays de l’oncle Sam entre les tendances pro-israéliennes et les descendants spirituels de l’Amérique des Pères Fondateurs, le régime en place en Iran doit tomber, d’une façon ou d’une autre. Pour les premiers, il s’agit d’éliminer le plus important régime de la région se dressant devant l’exécutif sioniste et ses visées impériales. Pour les seconds, il est nécessaire, dans la continuité de la politique de « containment » mise en place pendant la guerre froide, de bloquer les routes d’approvisionnement en énergie fossile de la Chine[13], et contrôler ainsi la pompe énergétique alimentant la croissance asiatique, et surtout chinoise.

 

En Israël, les mouvances politiques s'activent afin de remporter la bataille pour le parlement israélien en janvier 2013[14]. Pour empocher la mise, Benyamin Netanyahou, actuel premier ministre israélien et favori des élections, n'a pas hésité à révéler sa véritable nature en déclarant publiquement son alliance avec le parti d'extrême droite d'Avidgor Lieberman[15]. Celui-ci ne cesse de prôner l’expulsion des arabes israéliens et la mise en place d’un régime, que l’on pourrait qualifier d’apartheid s'il avait pris place en Afrique du Sud. La formation d’un arc ultranationaliste Likoud-Israel Beitenou, main dans la main dans la conquête de la Knesset, révèle ainsi la fuite en avant raciste de l'exécutif israélien, déjà fin prêt pour une attaque contre l’Iran[16].

 

A côté de l’œil du cyclone, les voix s'élèvent en Israël contre cette dérive obscurantiste. « Le démon nationaliste est sorti du placard. Netanyahou a fait tomber son masque », a commenté à la radio publique le chef du parti de centre-droit Kadima, Shaul Mofaz[17]. Yuval Diskin, ancien directeur du Shabak (« Shin Bet »), l’agence de contre-espionnage israélienne, a déclaré que « durant ces 15 dernières années, Israël est devenu de plus en plus raciste. Toutes les études le montrent. Il y a du racisme contre les arabes et contre les étrangers, et nous sommes devenus aussi une société plus belliqueuse (…) Je n’ai pas confiance dans une direction qui prend des décisions basées sur des sentiments messianiques »[18]. A l'étranger, la diaspora juive antisioniste n'hésite pas à s'élever contre la politique jusqu'au-boutiste de l'Etat hébreu. De Gilad Atzmon[19], à Jacob Cohen[20], en passant par Jonathan Moadab[21], ou encore la kyrielle de « mauvais juifs » fichés sur le site masada2000[22], ils sont nombreux à braver les milices de la Ligue de Défense Juive pour s'ériger en parangon de l'universalisme, et s'émanciper de la « cage de fer spirituelle » dans laquelle veulent les enfermer l'élite sioniste.

 

Le triomphe à Moscou de Vladimir Poutine est également de bon augure pour la multipolarité dans le monde. En dépit des tentatives américaines de déstabilisation Pussy Riotesque[23], et autres entreprises de diabolisation traditionnelles, les russes ont voté en masse pour Vladimir Poutine, l’homme ayant redressé la Russie post-Eltsine, déchiquetée par l'ère de libéralisation des années 1990-2000[24]. Poutine, contrepoids à l'hégémonie américaine, a toujours affirmé sa volonté de replacer le curseur des relations entre États sous le sceau du respect du droit international[25], poussant ainsi le grand philosophe Bernard-Henri Lévy à conseiller publiquement au président Hollande de contourner le véto russe au Conseil de Sécurité de l'ONU, et intervenir directement en Syrie[26].

 

En Chine, M. Xi Jinping s’apprête à prendre la relève de M. Hu Jintao. Sa nomination devrait assurer la poursuite de la position chinoise à propos de l’Iran. Une position pragmatique, basée sur les intérêts de la République populaire de Chine, qui tend à se rapprocher de la position russe[27]. Les Chinois n’ayant que très peu apprécié l’action de l’OTAN dans le dossier libyen. Afin d’atteindre un niveau de développement équivalent à celui des pays occidentaux, ne serait-ce que pour la moitié de sa population, et remettre en question la domination américaine dans la zone Asie-Pacifique à horizon 2015, l’approvisionnement énergétique est une donnée fondamentale dans les rapports de force qui se nouent entre américains et chinois. La route vers la Caspienne étant bloquée suite à l’intervention militaire des Etats-Unis en Afghanistan, les chinois ont perdu une source d’approvisionnement alternative au golfe arabo-persique, et se doivent d’entretenir l’interdépendance énergétique avec les pays du Golfe et l’Iran[28].

En Amérique du Sud enfin, Hugo Chavez a obtenu sa réélection pour la troisième fois consécutive[29]. Le socialisme véritable est gage de longévité. Voilà matière à réfléchir pour le Président Hollande, dont la courbe de popularité[30] frise la chute libre de Félix Baumgartner.

 

Chaque jour les pays sud-américains s'émancipent un peu plus de l'emprise américaine. L’Union des Nations Sud-Américaines commence à prendre son envol, et s’érige en modèle de ce que devrait être l’Union Européenne. Et Chavez continue d’afficher son soutien au régime de Téhéran[31]

 

Derrière la noirceur du tableau, des lignes lumineuses jaillissent. Loin des délires consuméristes poussant à la quête désespérée du « toujours plus » pour n’avoir « finalement rien », il n’a jamais été aussi impératif de se réapproprier le sens des mots et des valeurs. Développer sa conscience politique, en n’oubliant jamais qu’en plus des droits que la Nature nous a conférés, il existe également des devoirs. Les uns ne pouvant subsister sans les autres. Devoir de ne pas laisser la parole aux extrêmes dans notre pays, ces deux partis faussement républicains, arborant la rose et le chêne comme effigie, mais ne sachant mener la France qu’à la désolation économique et au chaos géopolitique. Devoir d’établir en chacun de nous une saine analyse des évènements afin de séparer le bon grain de l’ivraie, et concourir à l’établissement d’un monde plus juste et pacifique, qui sera laissé en héritage à nos descendants.

 

Il ne s’agit point ici de donner un blanc-seing à la mouvance BRICS, représentant un ensemble de pays aux intérêts divergents, parfois antagonistes, mais de retrouver pleinement le sens de la troisième voie française vantée par le Général de Gaulle, une voie médiane entre deux empires, respectueuse du droit international et des Nations. Une voie qui permettra à la France de développer des relations pragmatiques avec les différents Etats, loin des carcans de l’Union Européenne et de l’OTAN, qui empêchent le redressement du pays.

 

En attendant, nous laissons les extrêmes parler en notre nom.

Doigt posé sur la gâchette. Cible à l’horizon. L’acte final va bientôt pouvoir commencer.

 

Maurice, pour le Cercle des Volontaires.

Agoravox

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gwendal 21/11/2012 00:18


Pas 1 mot n'est a enlever de ce texte! Magnifique

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