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"Traque" du terrorisme sur Internet : "Une évidente nécessité"

Publié par Dav sur 31 Mai 2013, 08:31am

Catégories : #Société

Manuel Valls en fait une priorité après l'agression d'un militaire à La Défense. Mais la surveillance sur internet est "un chantier considérable", selon le spécialiste du cyberterrorisme Nicolas Arpagian. Interview.

 

Le logo de Facebook (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

 

 

Mercredi 29 mai, un jeune homme de 22 ans a reconnu être l'auteur de l'agression à l'arme blanche d'un militaire à la Défense samedi dernier. Un acte commis, selon le parquet de Paris, "au nom de son idéologie religieuse". Jeudi 30 mai, dans un entretien à "Libération", le ministre de l'Intérieur Manuel Valls assure qu'en matière de terrorisme "la traque sur Internet doit être une priorité." "Le Nouvel Observateur" a questionné Nicolas Arpagian, rédacteur en chef de la revue "Prospective Stratégique" et directeur scientifique du cycle "Sécurité Numérique" à l'Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice (INHESJ).

 

Alors que la DCRI est à nouveau pointée du doigt dans sa gestion du dossier du jeune homme arrêté mercredi, le ministre de l'Intérieur met notamment l'accent sur la surveillance en ligne. De quelle manière Internet est-il utilisé en matière de terrorisme ?

 

- Internet a dans ce domaine de nombreuses "qualités". Il permet de faire du recrutement et de la formation, par exemple avec des vidéos expliquant le maniement d'armes et d'explosifs. Mais il permet aussi de faire du financement, via des escroqueries par Internet ou des appels aux dons. Et, une fois l'action intervenue, Internet permet de la revendiquer, de diffuser de l'information ou de montrer la vidéo. Vu tout ce qui s'y trame avant même que l'acte ne soit commis, la surveillance de l'Internet par les services de sécurité est une évidente nécessité.

Mais il est évident que ceux qui mènent des actions manifestement illicites et veulent faire quelque chose de grande ampleur vont le faire de manière dissimulée : sous pseudonyme, en utilisant des sites temporaires, en se connectant à partir de lieux publics d'accès au Net... On peut dire qu'on veut mettre en place une surveillance de l'Internet, mais c'est un chantier considérable.

 

Quelles méthodes sont actuellement utilisées en la matière ? Pour quels moyens ?

 

- Deux sont essentiellement utilisées : "l'automatisation", ou la surveillance à partir de mots-clés servant de filtres, un peu comme peut le faire une entreprise commerciale en matière d'e-réputation. Cette méthode est évidemment insuffisante car, même si on a connu par le passé des personnes ayant commis des actes illicites et les ayant revendiqués sous leur véritable identité, en général, ceux qui veulent commettre des actes ne vont pas utiliser des termes explicites. Cette méthode est toutefois nécessaire, car elle permet aussi d'obtenir des "tendances" sur tel événement ou tel engagement des forces françaises dans tel pays. L'événement suscite-t-il ou non une acrimonie particulière ?

 

La seconde méthode, qui nécessite davantage de personnel, consiste à identifier des mouvances et effectuer un véritable suivi : récupérer les téléphones portables et contacts des personnes, suivre ce qu'elles disent sur les forums, tenter d'établir des liens entre différents pseudonymes pour voir si ça peut être le même individu ou la même mouvance...

 

Plutôt qu'une surveillance généralisée qui est plutôt l'apanage des Etats-Unis avec le réseau Echelon ou de la Chine avec le Bouclier d'Or, deux outils de filtrage global, en France on est davantage dans l'enquête, comme le font historiquement la police judiciaire et les services anti-terroristes : identification d'individus sur le terrain, puis recherche de leur présence numérique : sont-ils actifs, où se connectent-ils, quand se déplacent-ils, quels sont leur lieux de connexion ? C'est aussi proportionné aux moyens humains et financiers français.

Selon le ministre de l'Intérieur, "Internet fait l'objet d'une veille très active" tandis que les réseaux sociaux représentent un "nouveau défi". Pourquoi ?

 

Facebook est régulièrement sollicité par les services de police : quid de cette communauté, de ces personnes tenant ces propos ? Le problème consiste en la masse colossale de données à traiter. Il faut avoir la capacité humaine et le temps pour le faire et ainsi pouvoir intervenir suffisamment en amont en cas de besoin. Sans compter que l'outil technique ne peut évidemment pas suffire : il faut forcément une analyse de terrain, une connaissance des réseaux politiques et idéologiques se trouvant derrière ces mouvances... Au risque de commettre des erreurs d'appréciation. 

 

A quelle(s) difficulté(s) le ministre peut-il être confronté ?

 

- Quand il dit : "on va surveiller Internet", il faut que cela soit proportionné et que la liberté générale ne soit pas entravée. Le ministère devra gérer un paradoxe : être suffisamment convaincant quant aux mesures de surveillance mises en place, tout en veillant à ce que ce ne soit pas au détriment de la liberté d'expression et de circulation.

Car ce qui guette le ministre, c'est qu'on lui dise : "vous êtes en train de fliquer les internautes". Ce qui n'est sans doute pas son but. Gardons en tête que les entités les plus intéressées par la surveillance de votre navigation sont soit les cybermarchands (exemple : IP tracking), soit Google. Par ailleurs, le ministre ne pourra pas non plus en dire trop pour ne pas donner d'indications trop précises à ceux qu'il compte surveiller. Même s'il arrive aussi que des "erreurs" permettent aux enquêteurs d'identifier des individus. Comme par exemple la connexion de Merah au boincoin.fr depuis l'ordinateur de sa mère.

 

Propos recceillis par Céline Rastello - Le Nouvel Observateur

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lasorciererouge 11/08/2013 16:16


http://couloirsdunet.wordpress.com/2013/08/11/message-suspect-sur-gmail-attention-phishing/

Delamare 31/05/2013 12:05


Excellent moyen d'épier tous les citoyens. Le pretexte est énorme, mais ne sait-on pas que plus c'est gros et plus ça marche?...le jeu est toujours lemême: faire peur au bon peuple pour lui faire
accepter sans problème la réduction intensive de ses libertés! Travaillez, consommez et obéissez!...

g 31/05/2013 10:37


"vous êtes en train de fliquer les internautes". Ce qui n'est sans doute pas son but


parceque vous croyez vraiment qu'il sont de nôtre côté ?? je ne crois pas


pour moi ce sont tous les mêmes

g 31/05/2013 10:34


ce n'est qu'une stratégie de plus pour voler nos libertés


 

g 31/05/2013 10:32


le terrorisme qu'elle conneris monumentale les vrais terroriste sont bien caché eux


 

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