Steve Black serait connu pour cette technique, qui consiste à zoomer un maximum sur les documents des conseillers à la sortie des réunions. Selon le Guardian, Hugh Powell, par ailleurs fils d’un ancien conseiller diplomatique de Margaret Thatcher, serait donc le dernier à s'être fait avoir. Mais que peut-on lire exactement sur cette feuille?

"Le Royaume-Uni ne devrait pas soutenir, pour l'instant, des sanctions commerciales (...) ou fermer aux Russes le centre financier de Londres", peut-on lire sur ce document publié par la BBC et plusieurs journaux. En effet, de nombreuses sociétés russes ont choisi d'être cotées en bourse de Londres, alors que de nombreux oligarques russes possèdent de somptueuses demeures dans la capitale britannique. Une vague de sanctions pourrait porter un sérieux coup au poumon financier du pays.

 

Londres, capitale européenne des oligarques

Les oligarques originaires des zones émergentes, particulièrement la Russie, dépensent environ 4,85 milliards d'euros par an au Royaume-Uni. Ils pèsent également très lourds dans le marché immobilier de la capitale. De quoi réfléchir avant de faire fuir cette population privilégiée.

Selon la presse, le document en question suggère que le Royaume-Uni n'appuierait pas de préparatifs militaires de l'Otan, et que l'ONU, et non pas l'Union européenne, devrait être en première ligne pour tenter de résoudre politiquement la crise en Ukraine. A l'inverse, le gouvernement envisage une approche plus prudente incluant des restrictions de visas qui viseraient des personnalités russes, selon le Daily Telegraph.

 


Le gouvernement gêné par la fuite

Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a jugé absolument regrettable qu'un tel document puisse être l'objet de fuites. Cela n'aurait pas dû se produire, a-t-il dit devant la chambre basse du Parlement. Cependant, a-t-il précisé, tout ce qui est écrit dans un document entre les mains d'un responsable officiel ne constitue pas nécessairement un exposé des décisions que prendra le gouvernement de Sa Majesté. "Nous restons très ouverts aux options qui permettraient de trouver une issue à la crise ukrainienne", a assuré le ministre.

La veille, lors d'une visite à Kiev, William Hague avait mis en garde la Russie contre les conséquences et le coût d'une intervention en Ukraine, sans donner plus de détails. Le Premier ministre britannique, David Cameron, avait, lui, souhaité une désescalade plutôt que de voir la Russie continuer sur la voie sur laquelle elle s'est engagée en violant la souveraineté et l'intégrité territoriale d'un autre pays. Défendre ce point de vue pourra nous conduire à recourir à des pressions diplomatiques, politiques, économiques et autres, avait-il ajouté.

Le nouveau pouvoir de Kiev, mis en place la semaine dernière après la destitution du président Viktor Ianoukovitch, est confronté aux forces russes en Crimée, péninsule du sud-est du pays, où sont face à face l'armée ukrainienne et des milliers de membres des forces russes qui les contiennent dans leurs casernes. L'Union européenne a exhorté lundi Moscou à faire baisser la tension en Ukraine d'ici à jeudi, la menaçant de sanctions si ses troupes ne se retiraient pas de Crimée.

 

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