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Un monde perdu découvert dans le nord-est de l’Australie

Publié par Dav sur 3 Novembre 2013, 23:23pm

Catégories : #Sciences

Un monde perdu… voici comment Conrad Hoskin de l’université James Cook décrit le plateau des montagnes de Cape Melville. Située en Australie, sur la péninsule Cape York, cette chaîne montagneuse se veut pour le moins reculée, escarpée et intrigante. En effet, elle se compose d’empilements, sur plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, de millions de blocs de granite noirs au sommet desquels trône une forêt tropicale humide difficilement accessible.

Peu accessible… mais à quel point ? De l’avis de ce scientifique, la vie y régnant pourrait être isolée du monde extérieur depuis des milliers, voire des millions d’années. Malgré cela, peu d’informations sont disponibles sur ce milieu particulier, mais les choses commencent à changer, grâce notamment à une expédition scientifique qui y a été menée à l’aide d’un hélicoptère en mars 2013. Ses membres se composaient de Conrad Hoskin, du photographe et chercheur Tim Laman (université Harvard ; États-Unis) et d’une équipe de tournage du National Geographic.

Les premiers résultats de ce périple viennent d’être présentés au grand public, mais aussi dans la revue spécialisée Zootaxa. En quelques jours, trois nouvelles espèces de vertébrés ont été découvertes : un gecko à la queue aplatie, un scinque doré et une grenouille qui vit la majeure partie de son temps entre les blocs de granite. D’autres organismes ont également été observés, mais leur identification est toujours en cours.

Les blocs de granite composant la chaîne de montagnes Cape Melville ont des tailles comparables à des voitures ou à des maisons. Ils se sont formés voici 250 millions d'années.

 

Un lézard sautant à la poursuite des insectes

Le gecko à la queue aplatie a reçu le nom de Saltuarius eximius, sachant qu’eximius signifie « exceptionnel » en latin. D’une longueur de 20 cm, il a une apparence primitive qualifiée de « relique gondwanienne » et correspondrait à la septième sous-espèce de geckos australiens. Cet organisme vit caché entre les blocs de granite le jour, et sort de nuit pour chasser. Pour ce faire, les reptiles se posent sur un rocher ou un arbre, puis restent immobiles jusqu’au passage d’un insecte ou d’une araignée dans leur voisinage. La présence d’yeux de grande taille témoigne d’une adaptation à l’obscurité.

Grâce à la découverte de ce gecko Saltuarius eximius, du lézard Saproscincus saltus et de la grenouille Cophixalus petrophilus, la péninsule australienne Cape York compte désormais six espèces endémiques.
Grâce à la découverte de ce gecko Saltuarius eximius, du lézard Saproscincus saltus et de la grenouille Cophixalus petrophilus, la péninsule australienne Cape York compte désormais six espèces endémiques. © Tim Laman, National Geographic

Le scinque doré, qui n’est autre qu’un lézard, est quant à lui actif de jour. Puisqu’il a été vu en train de pourchasser des insectes dans la forêt, en n’hésitant pas à sauter entre divers rochers couverts de mousse, il a reçu le nom de Saproscincus saltus. Comme le gecko, cette espèce affiche un corps allongé et des membres élancés qui sont probablement issus d’une adaptation progressive aux conditions de vie sur le plateau.

Le scinque doré Saproscincus saltus correspond à la douzième espèce du genre Saproscincus décrite en Australie. Les individus capturés à Cape Melville le 20 mars 2013 mesuraient environ 4 cm de long.
Le scinque doré Saproscincus saltus correspond à la douzième espèce du genre Saproscincus décrite en Australie. Les individus capturés à Cape Melville le 20 mars 2013 mesuraient environ 4 cm de long. © Conrad Hoskin

Une grenouille terrée quand il ne pleut pas

Les espaces laissés vacants entre les blocs de granite de Cape Melville abritent également la grenouille Cophixalus petrophilus. Cette espèce y vit en permanence durant la saison sèche, car elle y trouve des conditions de vie plus humides, plus fraîches et plus sombres qu’à l’extérieur. En revanche, durant la saison humide, en été, cet amphibien sort de sa cachette pendant les pluies et en profite alors pour se reproduire. En l’absence de plan d’eau, les têtards grandissent dans leurs œufs, qui ont au préalable été déposés dans des anfractuosités rocheuses humides. Les jeunes présentent donc la morphologie d’une grenouille adulte dès leur éclosion.

Les grenouilles Cophixalus petrophilus mâles veillent sur les œufs pondus durant la saison humide, en été.
Les grenouilles Cophixalus petrophilus mâles veillent sur les œufs pondus durant la saison humide, en été. © Tim Laman, National Geographic

De telles découvertes réalisées en si peu de temps dans un pays autant exploré que l’Australie relèveraient, selon les explorateurs, de l’exceptionnel. En effet, ces résultats auraient moins surpris s’ils avaient été obtenus dans des pays comme la Nouvelle-Guinée. Quoi qu’il en soit, ils suggèrent que le plateau de Cape Melville abriterait de nombreux autres secrets, ce qui justifie la planification d’une nouvelle expédition. Selon des informations relayées par l’AFP, l’équipe devrait repartir sur place dans quelques mois dans le but de recenser de nouvelles espèces inconnues parmi les populations d’escargots, d’araignées et de petits mammifères.

 

 Quentin Mauguit, Futura-Sciences

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