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Une grosse fuite avec des milliards de becquerels à Fukushima

Publié par Dav sur 9 Avril 2013, 13:59pm

Catégories : #Environnement

 


Centrale de Fukushima : au moins 120 tonnes d'eau contaminée avec 710 milliards de becquerels de beta nucléides ont fui d'un emplacement de stockage d'eau enterré


C'est selon TEPCO le 6 avril 2013.
Les dernières informations ajoutent qu'il faut ajouter une fuite de 47 tonnes d'eau qui pourrait provenir du stockage enterré n°3 (info du 7 avril)

Et il existe la possibilité qu'au lieu de 710 milliards de becquerels de tous les beta nucléides, ce pourrait être 35 milliards de milliards de becquerels pour tous les beta.

Mais en premier, j'ai fait de mon mieux pour résumer cet accident.



Hier, je regardais la conférence de presse, je lisais les articles, les tweets, et je ne voyais pas clairement ce qui se passait et comment – pourquoi l'eau fuyait, quel volume fuyait, quand ils l'ont découvert, quel était leur plan, pourquoi d'abord stocker l'eau à cet endroit.

J'ai au moins compris pour la dernière question. Le stockage enterré, où s'est produit la fuite, n'aurait pas dû servir pour stocker les eaux contaminées après le traitement d'osmose inverse avec un taux élevé de sel et de beta nucléides. Mais le système d'excrétion multi-nucléides ALPS n'a pas pu démarrer comme prévu (en septembre l'année dernière ; TEPCO fait aujourd'hui l'expérience à chaud) l'eau traitée par SARRY ou le système Kurion (enlèvement du césium) a dû être stockée quelque part pour attendre le traitement par l'ALPS. Cette eau est donc stockée dans des réservoirs faits pour une eau après osmose inverse. Donc pour cette eau après osmose inverse, ils ont commencé à se servir d'un stockage enterré (il y a 7 réservoirs) début février cette année, qui était prévu au départ pour un traitement de l'eau après l'ALPS.

Pour la fuite d'eau contaminée, voici ce que j'ai rassemblé d'après Jiji, Asahi, NHK et TEPCO :


  • TEPCO a fait creuser à 7 emplacements dans l'enceinte de la centrale pour créer un stockage d'eau enterré et a commencé à les utiliser le 1er février 2013. La capacité totale de ces 7 stockages est de 58.000 tonnes.
  • La construction a été assurée par Maeda Construction. Ils ont creusé le sol, installé des couches de revêtement, versé du béton pour protéger et sécuriser les revêtements et versé l'eau dans ce dispositif plastique (voir photos ci-dessous).
  • L'emplacement de stockage n°2 contient 13.000 tonnes d'eau de rejet, avec une capacité maxi de 14.000 tonnes. C'est là qu'ils ont remarqué une fuite.
  • Ils ont mesuré le 3 avril les beta nucléides (35 Bq/cm3) pendant le test de routine de l'eau à l'orifice d'évacuation au coin nord-est et le 5 avril, il y avait 5838 Bq/cm3 au trou de fuite détecté entre la nappe de bentonite et la bâche de non-tissé. Ce fut quand TEPCO a déterminé que l'eau fuyait dans le sol.
  • L'emplacement de stockage n°2 mesure 60 x 52 x 6m. TEPCO avait fait confirmer la résistance des nappes protectrices, mais la société n'a pas fait de test préalable de fuite avant usage.
  • TEPCO a estimé la quantité de la fuite en se servant des données de la jauge d'eau du stockage et est arrivé au chiffre de 120 tonnes ou un peu moins de 1 % de l'eau stockée. En calculant les beta au trou de détection (5838 Bq/cm3), TEPCO dit que 710 milliards de becquerels de matériaux radioactifs ont pu fuir.
Il y a aussi une information confuse sur le degré de remplissage de ces emplacements de stockage.


MAIS ATTENDEZ, IL PEUT Y AVOIR BEAUCOUP, BEAUCOUP PLUS DE BECQUERELS.

Pourquoi ? Parce que le chiffre utilisé par TEPCO pour calculer la quantité de matériaux radioactifs dans l'eau qui a fui provenait d'une eau prise au trou de détection de la fuite au fond de la nappe de protection et NON de l'eau de rejet dans le stockage.

Donc, combien de becquerels de tous les beta possède l'eau dans le stockage ?


  • L'article de l'Asahi Shinbun que j'ai consulté disait "290.000 Bq/cm3 de strontium" dans l'eau de stockage et c'est le chiffre rapporté par TEPCO le 6 mars 2013 comme étant la quantité de tous les beta dans l'eau de rejet après le traitement par osmose inverse. De nouveau, c'est l'eau de rejet stockée dans les trous du sol avec plusieurs couches de revêtement...
  • en se servant de ce chiffre, 290.000 Bq/cm3, au lieu de 5838 Bq/cm3, il peut y avoir presque 35 milliards de milliards de becquerels de tous les beta dans les 120 tonnes d'eau qui ont fui.
  • Dans la conférence de presse du 6 avril, TEPCO n'a pas révélé la radioactivité de l'eau stockée, et aucun des journalistes ne semble en avoir parlé.
D'après la conférence de presse, voici à quoi ressemble l'installation de stockage d'eau enterrée :




La qualité des informations venant de la conférence de presse de TEPCO a nettement régressé ces derniers mois.
Dans les premières semaines de l'accident nucléaire, quand le responsable des conférences de presse de TEPCO était le vice-président Muto, très peu de journalistes comprenaient ce que disait M. Muto. Non pas que M. Muto, ingénieur en nucléaire, dissimulait les infos, mais parce que les journalistes ne connaissaient pas grand-chose sur les centrales. Ils ne savaient pas quoi demander, ils ne comprenaient pas non plus les réponses. M. Muto lui-même ne semblait pas comprendre que les jeunes journalistes n'avaient pas d'idées sur son discours.

Puis est arrivé M. Matsumoto, le porte-paroles de TEPCO, à peu près fin mars début avril. Les journalistes le pressaient de questions et après une maladresse bureaucratique initiale s'est avéré correct, donnant des informations techniques de manière plus ou moins directe.

Puis est venu M. Ono, le nouveau porte-paroles, en début d'année. Soudain la conférence de presse de TEPCO s'est de nouveau enlisée. M. Ono, dont la manière de parler n'est pas claire pour commencer, a une manière alambiquée et confuse pour expliquer les choses aux journalistes qui sont maintenant plus au courant des choses nucléaires et particulièrement sur la centrale de Fukushima. Je les ai souvent vu perdre patience avec M. Ono, qui devient souvent agressif. Il ne semble pas bien connaître son sujet pour pouvoir parler clairement. Les journalistes du coup réagissent avec cette communication peu claire en ne sachant plus de nouveau quelle question poser.

Les gens disent "c'est TEPCO". J'incline à dire que c'est ce porte-paroles en particulier qui balaie la crédibilité que TEPCO a accumulé depuis deux ans en essayant d'être direct dans ses révélations.



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gwendal 10/04/2013 00:02


Je viens d'aller voir la suite sur le site de hélios ...ben, çà se gâte...

Hélios 09/04/2013 21:58


Et il y avait la suite aujourd'hui :


http://bistrobarblog.blogspot.fr/2013/04/ultraman-8-avril-2013-le-bassin-de.html


Cordialement


 

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