Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Végétarien, je revendique le statut de minorité opprimée

Publié par David Jarry - Webmaster sur 5 Janvier 2014, 01:50am

Catégories : #Société

 
 

Le droit international définit une minorité comme un groupement de personnes liées entre elles par des affinités religieuses, linguistiques, culturelles, ethniques, politiques, englobées dans une population plus importante. Le droit des minorités est reconnu et décrit dans diverses chartes ou déclarations internationales selon les recommandations d’instances comme l’ONU et l’Unesco.

 

Les végétariens, isolés et marginalisés

Making of
Les deux auteurs de cette tribune sont les fondateurs de All apologies, « mouvement global libre pour unir au niveau international tous les défenseurs des animaux et du vivant ». Rue89

 

Sous la dénomination de minorité culturelle, on peut distinguer celle alimentaire des citoyens « qui ne mangent pas comme tout le monde... », et ce, pour des raisons de convictions de tous ordres, religieuses ou par empathie pour les animaux, voire aussi de santé.

Isolés, marginalisés faute d’être fédérés, ce qui importe aux végétariens est d’abjurer la cruauté et de tendre à un respect global de la vie pouvant s’inspirer de ce précepte attribué à Hippocrate : « primum non nocere », qui se traduit par : « D’abord, ne pas nuire ».

A la base de ce choix, il y a certes la notion éthique qui prend une large place dans la décision de changer son alimentation, mais il s’agit aussi d’une option diététique pour une meilleure santé mentale et physique, puisqu’on ne cesse de répéter que la consommation de viande animale est nocive à la santé, et ce, d’autant plus qu’on est prisonnier d’une vie sédentaire, trop peu mobile.

 

« Alors vous prendrez du poulet, du poisson ? »

Des repas halal (et sans porc) sont de plus en plus servis aux musulmans dans les cantines des écoles et des collectivités, dans les prisons, dans les hôpitaux. Dans ces mêmes collectivités, des repas sans viande ni aucun produit carné ne sont jamais proposés ni disponibles sur un même mode, avec un pareil respect de l’autre.

La demande est simple et ne demande aucune entorse à aucune législation. Il est absolument illégal d’imposer dans les cantines scolaires un menu omnivore à des enfants de familles végétariennes alors que d’autres bénéficient, par exemple, d’un régime sans porc. Il y a pour le moins deux poids, deux mesures. A moins qu’il faille entendre que dans une république laïque, il ne peut y avoir éthique sans religion ?

Et il n’est pas évident pour un végétarien ou végétalien en voyage de trouver un restaurant affichant au moins un vrai plat végé. Il n’est pas non plus très plaisant qu’à la formulation de sa demande de menu sans viande, il lui faille chaque fois s’entendre répliquer par le serveur ébahi et sur un ton trop souvent narquois :

« Ah bon ! Alors vous prendrez du poulet, du poisson ? Ou alors juste la petite salade de l’entrée et une omelette... ? »

Faute d’un minimum de culture ou d’ouverture d’esprit, le personnel de la restauration estime que volaille et poisson sont des végétaux et regardent l’objecteur de bidoche comme un extraterrestre.


Un hamburger végétarien (Ben K Adams/Flickr/CC)

 

Empreinte écologique, santé publique

Compte tenu de l’empreinte écologique démesurée de la production carnée,
il paraît aberrant qu’aucun Grenelle de l’environnement n’ait promulgué
l’obligation d’un menu végétarien alternatif au cahier des charges du
secteur de la restauration.

Même observation au niveau de la santé publique alors que le discours des nutritionnistes et du secteur médical contre les risques de l’abus de viande et des charcuteries est ultra médiatisé.

L’indifférence, voire le dédain à l’égard de la demande végétarienne sont partout les mêmes, y compris dans les établissements des plus grandes chaînes franchisées couvrant le territoire. Comme si sans viande, tout repas, voire toute gastronomie devenaient mission impossible. Et le client non carniste n’a pas toujours et partout l’opportunité de se réfugier dans un restaurants végé, tel un pestiféré.

Nous représentons en France presque deux millions de citoyens, mieux nommés écocitoyens. Les chasseurs, tendance pour le moins inverse puisque prédateurs armés, sont représentés par un moindre effectif d’un petit million de personnes mais jouissent de tous les droits, y compris de celui d’empêcher quiconque de se promener en forêt durant des mois. Les chasseurs représentent un potentiel électoral, mais les végétariens votent aussi !

 

« Excusez-moi de ne pas fumer »

Même quand elle se montre bon enfant, la plaisanterie végéphobe et répétitive devient lourde. Il n’y a pas si longtemps, c’était même le fumeur passif qui dérangeait... « Excusez-moi de ne pas fumer », était sa répartie. Les choses ont changé et se sont inversées au profit de l’anti-tabagisme.

Le végétarien, lui, doit continuer sans répit à justifier son option. On l’interpelle sur la normalité alimentaire des origines, à savoir si le régime herbivore (non
ruminant !) peut figurer dans les canons de la société, sur les tendances
omnivores de M. et Mme Cro-Magnon ou Neanderthal auxquelles, des millions d’années plus tard, il faudrait encore se conformer, jusqu’à insinuer que les Bonobos ne rechignent pas devant un bout de charogne... Et alors ?

Alors, le végétarien devra-t-il continuer, à table, de s’excuser de ne pas
dévorer de la chair animale ? Va-t-on encore longtemps le railler avec le
cri de la carotte ? Après tout, le cri de la carotte n’est rien à côté du
hurlement de l’animal égorgé. Et puisqu’il faut manger pour vivre, mieux
vaut avoir les mains tachées de sève que de sang. Y compris pour le bien de
la planète et d’un devenir moins compromis.

 

Frédérique Courtin et Michel Tarrier | Végétariens

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Commenter cet article

Yann 06/01/2014 08:42


Minorité opprimée ? Sérieusement ? Vous voulez qu'on parle de vraies minorités opprimées ? Je veux bien croire qu'il est parfois problématique de vivre son statut de végétarien au quotidien, mais
de là à se prétendre faire partie d'une communauté opprimée, il y a un pas. Les végétariens ne sont pas ostracisés, ne vont pas en taule pour leurs convictions, ne sont pas parqués dans des
camps, ne se voient pas couper leurs allocs et bien d'autres choses encore...

gwendal 06/01/2014 02:40


Ca fait tellement longtemps que des "communautés politisées" nous sont imposées et pourissent nos journées, qu'on peut avoir du mal a reconnaitre que la
communauté des végétariens est légitime... Pourtant, elle l'est, évidemment


Le seul savoir de la quantité de végétal nécessaire pour "fabriquer" de la viande, impose de facto que le bon sens est de devenir végétarien (sans parler des quantités de traitements médicaux ...qu'on "mange" à notre tour ensuite...)


Il serait facile d'estimer le nombre de végétariens possible en milieu scolaire (pour que les cuistos s'organisent), en organisant 1 journée végé par semaine et en faisant remplir un questionnare
(aux élèves / pas aux parents!) au bout d'1 mois...


Je suis presque végétarien ...Presque par manque d'argent, car c'est un surcoût non négligeable pour celui qui n'a
pas de végétarien dans son entourage pour lui donner des conseils... Mais je vais y arriver!

Cyrus 05/01/2014 19:06


Bonjour ou bonsoir à toutes et à tous,



Il n'est pas question d'imposer des menus strictement végétariens et/ou végétaliens, Gevaudan, mais de proposer le choix, en plus du reste.
N'avoir que des menus omnivores, ça, c'est véritablement imposer quelque chose que certains ne souhaitent pas consommer.



Il y a une grande différence entre ne pas aimer le goût d'un aliment, mais s'en contenter quand on n'a pas le choix, et refuser tout produit et sous-produit d'origine animale par principe, mais
surtout lorsqu'il s'agit intollérance alimentaire.
Or, justement, lorsque l'on cesse de manger des produits carnés, on finit par ne plus les supporter, la nature reprend ses droits (notre organisme a plus de ressemblances avec celui des
herbivores que des carnivores et même des omnivores).



J'en sais quelque chose, j'ai été végétarien pendant vingt-trois ans, puis végétalien depuis cinq ans. Lorsque l'un des membres de ma famille absorbe, par ignorance, un plat qui contient des
ingrédients d'origine animale, on constate une réaction anormale de l'organisme, dont on vérifie ensuite la cause dans la liste d'ingrédients ou auprès de la personne qui a préparé le plat.



Ce n'est donc pas seulement l'idée d'avoir absorbé de tels produits, puisqu'on le sait seulement après.



On ne peut pas ignorer cette partie de la population, de plus en plus nombreuse...



Ceci dit, je prèfère de loin faire la cuisine moi-même. Déjà parce que j'adapte toute la cuisine traditionnelle en remplaçant simplement certains ingrédients par des substituts, ce que ne font
pas la plupart des restaurants, qui se contentent des traditionnels légumes sautés ou vapeur.



À l'heure actuelle, on trouve de tout, jusqu'aux fromages végétals, laits de différentes céréales et fruits secs, crème de soja (dont à fouetter), saucissons, poissons, etc.
Il n'y a plus qu'à remplacer et, de plus, comme cela se conserve bien plus longtemps que la viande, les restaurateurs peuvent très bien préparer de tels plats au cas par cas. Même avec une
clientelle plus sporadique, ils auraient moins de pertes.



Cela fait vingt-huit ans que je cuisine végé et, pourtant, mes convives n'arrivent pas à faire la différence, surtout ces dernières années, avec tous les ingrédients de substitution (naturels et
bio, je précise) qui sont arrivés sur le marché.
Donc, si des professionnels s'y mettent, les résultats devraient être à la hauteur.



Je terminerai en précisant que je ne tire jamais aux boulets rouges sur les "omnivores", je me contente d'informer, si l'occasion m'en est donnée, mais je n'impose jamais rien.

Caroline.D 05/01/2014 17:36


Les végétariens sont mes amis il faut les aimer aussi...
J'ai vraiment une amie qui l'est, et je la soutiens totalement dans ses choix. Elle a droit de manger se laver et aller aux toilettes comme bon lui semble.


Mais parler de minorité opprimée je me retiens d'être insultante. On nous bassine de plus en plus que bientôt la viande posera problème et qu'on devra ou manger des insectes ou être végétarien.
C'est La Bonne Résolution à prendre pour être à la mode.


Les Opprimés sont ceux qui ne veulent ni consommer bio ni light ET OUI des plats familliaux à l'ancienne non revisités. Des plats généreux et sans chichis et qui contrairement dit dans les
publicités ceux qui les consomment  ne sont pas devenus obèses et maladifs et bourrés de cancers.


Les Opprimés sont ceux qui dès qu'ils veulent manger comme leurs grand parents on les regarde de travers, on leur fait la leçon sur la vie des poules des arbres sur la politique mondiale et on
leur parle des toxines ou autre dans les nourritures, ou alors on se rit d'eux car ils ne mangent pas les produits de façon revisitée comme s'ils n'avaient aucune culture ou originalité.


Les Opprimés sont ceux qui dès qu'ils vont au restaurant pour manger en famille de 4 pers un dimanche midi comme à l'ancienne à vouloir un apéro, une entrée, un repas, un fromage, un dessert, et
un café     Que à peine assis le serveur leur dit qu'il faudra par contre libérer la place dans une heure parce qu'ils ont trop de monde. Donc exit la possibililté de manger
tranquillement son repas complet en famille. Alors que depuis des années on nous rabâche que la meilleure façon d'être en bonne santé est de manger tranquillement.


Vous voulez qu'on pleure sur les végétariens? Il y a tellement de minorités dans l'alimentaire et c'est toujours aux végétariens qu'on doit penser ? Je rêve éveillée. J'ai mon meilleur ami qui ne
peut plus consommer du tout de laitages depuis 1 an. Je vais d'abord pleurer sur son sort allé Ciao.

vaningeland 05/01/2014 15:12


Article intéressant, mais il existe d'autres minorités ceux ne mangent pas de laitages, sans sel, ceux qui font des allergies, etc ....Toutes ces minorités devraient-elles demander un statut de
"minorité opprimée" ?


Une personne célibataire sans enfant  et qui paye des impôts participe  au fonctionnement et à l'entretien des écoles, des collèges, des lycées,  etc... Alors que les familles avec
enfants utilisent ces services et ont des abattements pour l'impôt.....Donc les célibataires sont pénalisés .....


On pourrait signaler d'autres exemples.... Font-elles partie de minorité opprimée ? La question peut se poser ....y a - t -il égalité ?


 

Js 05/01/2014 11:38


Bel article. Pour ma part ma devise et "les animaux sont aussi mes amis, je ne mange pas mes amis" . C'est naïf, mais mon entourage ne vient pas en opposition contre cette devise car cela
signifierait "mangent tes amis".


Il serait intéressant de développer en donnant la liste des apps qui reprennent les restaurants Végétariens. 


Ce que j'aime le plus c'est la phrase qui est généralement retournée : "Tu ne manges rien alors ?" . Navrant de bêtise.


Les humains sont des "moutons", qui mangent de la viande et cela anesthésie leur cerveau.


 


Continuez.


 


Js

gevaudan 05/01/2014 10:45


si il est illegal d'imposer des menus carnés a des enfantsissu de familles vegetariennes ,est il legal d'imposer un menuvegetarien a des enfants qui n'ont pas la possibilité de choix,de plus nous
ne sommes pas en democratie mais en republique ce qui fait une grosse differance et donne la voix a la majorité (tout du moins en theorie)


donc si je n'ai absolument rien contre les végetariens c'est contre la tiranie des minoritées que je m'insurge jesuis contre tout menu special dans les endroits publics ,personelement je ne mange
aucun fromage et trés peu de produits lactés je fait donc parti d'une minoritée et pourtant je n'enquiquine persone si il y a un menu avec fromage je ne mange que ce qui n'en contiend pas c'est
tout ou je prevois

Jophiel 05/01/2014 10:24


Comme pour beaucoup de choses les lobbies et filières de la viande ont longtemps fait comprendre que manger son steack était presque un devoir, à grands renforts de publicités et autres
messages. 


Chacun a le libre choix sur la façon de se nourrir, pour ma part les seuls produits venant de l'animal que je consomme sont le lait et produits laitiers, et à l'occasion des oeufs. je suis ce
qu'on appelle un ovo-lacto végétarien. Manger végétarien n'a rien de triste, et rien que l'odeur du rayon boucherie dans le super marché me fait fuir.


Il y va aussi de la santé de la planète car pour produire de la viande, il faut produire beaucoup de végétaux, si ces végétaux au lieu de nourrir le bétail étaient utilisé pour la consommation
humaine il y aurait sans doute moins de famine à travers le monde.


Là il y a encore un énorme boulot à faire pour que les mentalités changent, mais on peut toujours rêver qu'un jour les choses s'inverseront.

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