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Les grands scandales sanitaires dans l'Hexagone depuis 1945

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 12 Janvier 2018, 20:55pm

Catégories : #Santé

 

 

Amiante, sang contaminé... La nocivité du Médiator, médicament contre le diabète accusé d'avoir tué quelque 500 personnes en 1976 et 2009, fait ressortir le spectre des scandales sanitaires qui ont touché la France depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Mediator, traitement contre le diabète utilisé comme coupe-faim et incriminé dans un rapport accablant de l’Afssaps, est accusé d’avoir tué quelque 500 patients entre1976, date de sa mise sur le marché, et novembre 2009, date de son interdiction. Mais auparavant, d'autres affaires de santé publique avaient défrayé la chronique en mettant notamment en cause le rôle de l'État et celui des industriels. Voici une liste non exhaustive des scandales sanitaires qui ont éclaté depuis 1945.

L’amiante

Ce matériau hautement cancérigène a été massivement utilisé en France (malgré la connaissance de sa dangerosité) par les travailleurs en bâtiment après la Seconde guerre et jusqu’à son interdiction en 1997. Selon un rapport du Sénat de 2005, l’attentisme criminel des industriels et de l'État est aujourd'hui à l'origine d'une hécatombe estimée à 35 000 décès entre 1965 et 1995, et à 100 000 d'ici à 2025. En 2000, le tribunal administratif de Marseille juge l'État "responsable des conséquences dommageables du décès" de quatre personnes contaminées. C'est alors la première fois que l'État est directement mis en cause.

Le scandale du Distilbène

A partir de 1948, le Distilbène, une hormone de synthèse, est prescrite à des millions de femmes enceintes à travers le monde pour prévenir les fausses couches. Dès 1953, son inefficacité est démontrée et, en 1971, de graves malformations chez les enfants de mères traitées sont formellement attribuées à cette hormone. Rien n'y a fait : si les États-Unis le retirent immédiatement du marché, la France attendra jusqu’à l'année... 1977.

Le Chlordécone

Pendant vingt ans, de 1973 à 1993, le chlordécone, un insecticide, a été utilisé en Martinique et en Guadeloupe pour lutter contre un parasite : le charançon de la banane. Une étude, publiée dans le Journal of Clinical Oncology, et menée entre 2004 et 2007 par Pascal Blanchet du CHU de Pointe-à-Pitre et le Dr Luc Multigner de l'Inserm, confirme que l’insecticide est responsable d'un accroissement significatif du risque de cancer de la prostate. Leurs conclusions montrent que les hommes exposés ont 80 % plus de risque de développer ce type de cancer.

L’hormone de croissance

Depuis les années 1980, 120 personnes sont mortes de la maladie incurable de Creutzfeldt-Jacob après avoir suivi un traitement pour favoriser leur croissance. Après vingt ans de procédure, quatre mois de procès en première instance et une relaxe générale, les familles des victimes se sont pressées à l'ouverture du procès en appel qui a débuté en octobre.

Le scandale de l’Isoméride

Mis sur le marché en 1985 pour lutter contre l’obésité, ce coupe-faim miracle, commercialisé par les laboratoires Servier jusqu’en 1997 et auquel plus de 5 millions de Français ont eu recours, est la cause de complications pulmonaires gravissimes. L'Isoméride sera retiré de la vente en France après la découverte de cas d'hypertension artérielle pulmonaire, dès 1995, et d'anomalies des valves cardiaques, en juillet 1997. Il serait responsable d’au moins 40 morts.

Le sang contaminé

C’est l’un des dossiers les plus douloureux du pays. Le drame du sang contaminé s'est transformé en scandale en avril 1991, lorsque l’hebdomadaire L’Événement du Jeudi publie un rapport prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué, en 1985, des produits sanguins contaminés, entrainant la contamination d’hémophiles par le VIH. L'ancien Premier ministre Laurent Fabius et les anciens ministres Georgina Dufoix et Edmond Hervé comparaissent du 9 février au 2 mars 1999 devant la Cour de justice de la République (CJR) pour "homicide involontaire". Mais, en 2003, les dernières procédures s’achèvent avec la relaxe générale de tous les politiques et médecins poursuivis depuis 1994.

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PIP : des prothèses mammaires qui se rompent

Il vendait des prothèses mammaires remplies avec un gel de silicone sept fois moins cher que le gel homologué. Des prothèses qui pouvaient se fendre et devenir dangereuses. Jean-Claude Mas a été condamné en 2013 à quatre ans de prison ferme pour avoir menti sur sa marchandise au mépris des règles de sécurité. Des dizaines de milliers d'exemplaires ont été écoulés dans le monde entier. Selon les autorités, 18.000 femmes ont dû se faire retirer leurs prothèses. Et plus de 7.000 se sont portées partie civile au jugement, pour un préjudice total reconnu de 40 millions d'euros. Un « préjudice d'anxiété » a été reconnu pour une partie de ces femmes.

Biotrial : quand un essai thérapeutique vire au drame

Le 17 janvier 2016, Guillaume Molinet, quarante-neuf ans, décède après plusieurs jours de coma. Il participait à un essai thérapeutique mené à Rennes par la société Biotrial pour le compte du laboratoire Bial. L'Inspection générale des affaires sociales, aussitôt saisie pour mener l'enquête, accable Biotrial, qui a décidé de poursuivre l'administration du médicament aux autres volontaires de la cohorte malgré un cas de coma et qui a tardé à prévenir les autorités. A l'avenir, tout essai de première administration d'un médicament sur un homme devrait être considéré comme « à haut risque », avec un encadrementresserré.


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Le gaspillage des vaccins H1N1

h1n1L’affaire remonte à 2009. En pleine pandémie grippale, la France commande 94 millions de doses de vaccins. Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, s’appuie sur des  prévisions alarmistes et préconise deux injections par personne. Mais l’épidémie se révèle moins grave qu’attendu. Une injection est suffisante et seulement 6 millions de Français se font finalement vacciner.

En dépit de l’annulation d’une commande de 50 millions de vaccins, les stocks demeurent trop importants et en 2010, 19 millions de doses périmées sont incinérées. Une dépense, achat et destruction inclus, d’environ 400 millions d’euros !

Vioxx : retour sur un tueur en série

vioxx-medicamentLe Vioxx est un anti-inflammatoire prescrit pour les douleurs liées aux maladies articulaires. Commercialisé entre 1999 et 2004 par le laboratoire Merck, il aurait, selon la FDA (Food and Drug Administration)  provoqué 160 000 crises cardiaques et attaques cérébrales et 40 000 décès, rien qu’aux États-Unis.

En dépit des rapports négatifs qui affluent, le laboratoire Merck et les  autorités sanitaires  maintiennent le Vioxx sur le marché jusqu’à son retrait en 2004. Le médicament, un véritable  blockbuster, aura rapporté 2,5 milliards de dollars chaque année.

Diane 35 : un détournement d’indication fructueux

pilule-diane35Diane 35, fabriquée par  le laboratoire Bayer, a été accusé d’être responsable de 400 décès, au regard du nombre de plaintes déposées. Développé pour combattre l’acné, le médicament  a été prescrit pendant 30 ans comme une pilule contraceptive, sans autorisation dans cette indication et vendu 7 fois plus cherqu’une pilule classique…
Les risques thromboemboliques auxquels il expose les femmes étaient pourtant connus.

Retiré en mai 2013, Diane 35 a toutefois été remis sur le marché quelques mois plus tard, mais uniquement, cette fois-ci, comme traitement anti-acnéique.

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Dépakine: un laboratoire qui occulte le problème

Il y a une "volonté de la part de Sanofi d'étouffer l'affaire", estime l'Apesac. "Le laboratoire avait les moyens de savoir que la grossesse était une contre-indication absolue pour ce médicament dès la fin des années 1980 et le devoir d’en informer les patients", explique à Challenges l'avocat de l'Apesac, Charles Joseph-Oudin.

Comme nous l'évoquions plus haut, de nombreuses études publiées dans diverses revues scientifiques sérieuses ont été publiées depuis les années 80. Malformations physiques, troubles du spectre de l'autisme, anomalies neurologiques, sont autant d'effets secondaires graves du valproate de sodium qui sont décrits dans la littérature scientifique.

Le laboratoire Sanofi réfutait en ce début d'année ces accusations, affirmant n'avoir eu les preuves de ces effets secondaires qu'au début des années 2000. Le laboratoire affirmait par ailleurs ne pas être tout seul dans cette histoire, et ne pas pouvoir informer les médecins et les patients si les autorités de santé n'en donnent pas la consigne.

"En 2008, ce traitement, vendu dans une centaine de pays et produit en France (à Ambarès) et en Italie, rapportait 329 millions d’euros à Sanofi, puis 410 millions en 2012, avant de baisser à 405 millions l’année suivante", notait en février dernier L'Usine Nouvelle.

2. Des autorités qui tardent à réagir

Au micro d'Europe 1, la présidente de l'Apesac, Marine Martin, accuse directement les autorités de santé de ne pas avoir fait leur travail. "L'Agence de santé a couvert le laboratoire en continuant à donner l'autorisation de mise sur le marché du produit. Donc il y a une complicité des différents gouvernements qui se sont succédé. Donc la responsabilité de l'État et du laboratoire est énorme dans ce scandale sanitaire", insiste-t-elle.

L'ANSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, dément avoir tardé à réagir aux différentes alertes. "Le risque de malformation est mentionné dans la première AMM (autorisation de mise sur le marché, ndlr), en 1986, et le risque de retard mental, avéré depuis 2005, a donné lieu à une révision de l’AMM dès l’année suivante", indiquait l'an dernier au Monde Dominique Martin, le directeur de l’agence.

Autre problème toutefois: l'étude révélée par le Canard Enchaîné, montrant qu'au moins 10.000 femmes enceintes ont pris le médicament depuis 2006, a été menée conjointement par l'ANSM et la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAMTS). Cette étude aurait été présentée au Ministère de la Santé à la mi-juillet 2015 mais aurait été "soigneusement cachée aux familles".

Ce que le ministère de la Santé s'est empressé de démentir ce 10 août, précisant que "le premier volet" de l'étude sera présenté à l'Apesac le 24 août prochain.

Des patientes pas ou peu mises au courant

Les médecins étaient-ils au courant des effets secondaires graves sur la santé des fœtus? Difficile à dire pour l'avant 2006. Mais à partir du moment où la notice à laquelle ils ont eu accès en 2006 a été éditée, les excuses sont plus difficiles à trouver. Or les 10.000 femmes enceintes ont pris de la Dépakine entre 2007 et 2014.

Si la Dépakine a continué à être autant prescrite, c'est peut-être car, contrairement au Mediator, son efficacité sur les patients est prouvée. "L’épilepsie engage le pronostic vital de la mère comme du fœtus. Or dans certains cas, la Dépakine est le seul traitement adéquat. C’est au médecin d’évaluer le rapport bénéfice-risque", soulignait l'an dernier Pascal Michon, directeur médical du groupe Sanofi en France.

Jusqu'en 1995, la notice de la Dépakine indique seulement aux patientes de prévenir leur médecin si elles sont enceintes. A partir de 2006, la notice déconseille la prise du médicament en cas de grossesse. Mais comme le souligne l'avocat de l'Apesac, "dire qu’un médicament est déconseillé en cas de grossesse n’a rien à voir avec le fait de prévenir une femme qu’elle a une chance sur deux de mettre au monde un enfant autiste".

"Alors que les risques étaient clairement connus, les médecins ont continué à le prescrire, sans même essayer un autre traitement", taclait ce matin Marine Martin sur France Inter. "On est encore une fois dans un scandale où l'industrie pharmaceutique commercialise un médicament qui est extrêmement donné, rentable pour eux, et l'Etat a laissé faire pendant toutes ces années, de peur de s'opposer à un grand laboratoire français".

L'industrie pharmaceutique n'en est pas à son premier scandale, ni peut-être son dernier. Mediator, mais aussi Diane 35 et les pilules de 3e et 4e génération... Plusieurs fois, le système d'alerte a défailli. Cette fois-ci, selon Marine Martin, 50 à 70.000 personnes pourraient être touchées par cette affaire.

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